Les syndicats agricoles se mobilisent ces dernières semaines pour faire bouger le plan loup 2018-2023, en discussion avec le gouvernement et dont la prochaine version sera en discussion le 12 décembre.
« Un conseiller du ministre un peu autiste », telle est la conclusion de Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine (FNO) à la suite du rendez-vous au ministère de l’Agriculture, accompagnée des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA, le 5 décembre au sujet des négociations concernant le plan loup 2018-2023. Ce rendez-vous obtenu en dernière minute a écourté le comité national de la FNO où le sujet du loup a été source de tension au sein même du syndicat. Les 1er et 2 décembre, de son côté, la Confédération paysanne avait mis en place deux actions pour alerter le gouvernement sur le même sujet : l’occupation de la Dreal de Toulouse et le blocage de l’autoroute A66 à Pamiers. Suite à ces actions, le syndicat a obtenu deux rendez-vous, l’un avec le ministère de l’Agriculture et l’autre avec le ministère de la Transition écologique le 8 décembre. « Nous voulons que les portes ne se ferment pas le 12 décembre, date du prochain groupe national loup à Lyon, afin de pouvoir continuer à négocier si besoin », a souligné Marc Baudrey de la commission prédation de la Conf’, le 4 décembre. En attendant, le syndicat a obtenu la création d’un groupe national ours, qui devrait se tenir en Ariège.
Après Matignon, l’Élysée
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« L’avenir de l’élevage de plein air, garant d’une production de qualité et d’une vraie biodiversité, sera porté haut et fort et rapidement notamment à Matignon et à l’Élysée », avait relevé le syndicat dans un communiqué du 2 décembre. Un point de vue que partage Michèle Boudoin qui avait déjà rédigé un courrier à l’intention d’Édouard Philippe, le 20 novembre et qui a la nette intention d’aller encore plus haut. Pour l’heure, « les différents plans loup et ours ne sont pas entendables, surtout avec des systèmes d’élevage extensifs et semi-extensifs », avait déclaré Marc Baudrey. « 500 loups à l’horizon 2023, c’est vraiment une provocation », s’indignait Michèle Boudoin. Si cette dernière réaffirme avec force à ses troupes que le dossier prédation n’a rien à avoir avec la Pac et qu’il ne faut surtout pas mélanger les dossiers, certains éleveurs estiment que « le dossier prédation ne va pas assez vite ». La question des loups hybrides notamment, identifiables post-mortem, a été source de nombreux débats virulents lors du comité national de la FNO. La France est effectivement obligée, dans le cadre de la Convention de Berne, de les supprimer. Michèle Boudoin, dit ne pas être « opposée à une action en justice contre l’État français. Mais il faut des forces et pouvoir la financer jusqu’au bout ». Elle a souligné la difficulté d’aborder le sujet avec le gouvernement sachant que Nicolas Hulot « est un ministre d’État et le numéro 3 du gouvernement ».