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RÉACTIONS Les syndicats sur la réserve

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Les représentants syndicaux craignent que le dialogue sur la qualité de vie au travail reste un fourre-tout sans engagement.

Malgré toutes les bonnes intentions de la part des industries agroalimentaires bretonnes d'améliorer la qualité de vie en entreprise et au travail, les syndicats, eux, restent sur leur réserve. Thierry Gourlay, représentant inter-professionnel CGT en Bretagne, présent au colloque organisé par l'Abea, affiche tout de suite la couleur. « Ce qui nous importe c'est l'intérêt du salarié au sein des entreprises. Nous considérons que l'entreprise est un bien commun et que nous devons permettre aux salariés d'être pleinement acteurs de leur travail. La Bretagne est la région où l'on dénombre le plus fort taux d'accidents du travail et de maladies professionnelles, il ne faut pas l'oublier. » Sa crainte ? Que le dialogue social puisse se faire à un moment ou à un autre au sein de cet accord QVT sans les syndicats. « Le risque c'est que les CHST et les comités d'entreprise soient dépossédés de leurs missions sur la question de l'harmonisation du travail. La qualité de vie au travail telle qu'elle est prévu dans la loi est un gros fourre-tout sans engagement qui matérialise seulement des discussions sans réels retours », considère-t-il.

« DANS QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL, IL Y A TRAVAIL »

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Pour Thierry Gourlay, la qualité de vie au travail dépend surtout d'un bon dialogue entre les syndicats et la direction. « Pour améliorer la qualité de vie au travail, il faut renforcer les groupements syndicaux en entreprise et le dialogue social », insiste-t-il. « Le code du travail est absent de l'accord qualité de vie au travail, les conventions collectives aussi. Or, c'est là que le dialogue social doit se faire. La qualité de vie au travail doit être au centre des questions des groupes de travail », poursuit Thierry Gourlay. La CGT et la CFDT participent à ces réflexions mais s'offusquent qu'on ne parle pas davantage de travail. « Dans “qualité de vie au travail”, il y a “travail” !, reprend Thierry Gourlay. Les propositions doivent aussi venir du terrain, des salariés eux-mêmes. On ne peut pas faire que discuter mais il faut savoir aussi ce que l'on fait, ce que l'on met en place, et qu'il y ait une cohésion. Ce qu'il faut avant tout, c'est développer la reconnaissance de l'entreprise, améliorer les compétences et les salaires. Alors forcément, la qualité de vie au travail et en dehors du travail s'en trouvera améliorée ».