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Régions Les systèmes alimentaires territorialisés mis en œuvre par les régions

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La promotion des systèmes alimentaires territorialisés (SAT) a été actée par une déclaration de l'Association des régions de France (ARF) signée à Rennes lors d'une journée de colloque consacrée au sujet, le 4 juillet.

DANS la mouvance agroécologique voulue par Stéphane Le Foll, l'Association des régions de France (ARF) a fait un pas en avant en signant une déclaration « pour des systèmes alimentaires territorialisés » à Rennes le 6 juillet. L'ARF s'engage notamment « à promouvoir des systèmes alimentaires territorialisés grâce à des politiques alimentaires dédiées au développement de leurs territoires, favorisant le développement économique local, la gestion durable de leurs ressources naturelles et la promotion de l'emploi agricole et rural » et demande, entre autres, aux membres de l'ARF de « faciliter l'installation d'agriculteurs qui répondent à ces exigences en s'appuyant sur les politiques (...) de l'installation, des structures et foncière ».

Par ailleurs, les crédits du Feader (deuxième pilier de la Pac), désormais gérés par les régions, viendront appuyer le système alimentaire territorialisé « en lien avec les organisations de producteurs et avec les différents acteurs qui contribuent au développement de l'agriculture et de l'alimentation », est-il écrit dans la déclaration. « Nous avons désormais la capacité budgétaire d'assumer nos choix politiques », fait valoir Michel Morin, vice-président du conseil régional de Bretagne et vice-président de la commission agriculture de l'ARF. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de l'Année internationale de l'agriculture familiale (2014).

Les collectivités au cœur des territoires

Pas de systèmes alimentaires territorialisés sans territoires. « Les collectivités portent l'identité des territoires : emploi, culture, services. On ne maintiendra pas de jeunes agriculteurs en milieu rural s'il n'y a pas de service d'éducation et de santé », commente Henri Rouillé d'Orfeuil, coordinateur des programmes de l'année de l'agriculture familiale. « Les systèmes alimentaires territorialisés (SAT) peuvent jouer un rôle moteur, c'est un des principaux facteurs de l'évolution de l'agriculture », ajoute-t-il.

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Mais que signifie vraiment SAT ? Par exemple, la Bretagne est centrée sur des systèmes alimentaires centralisés, selon son vice-président. « C'est une notion de système : pour être efficace et cohérent, il faut articuler les acteurs et les compétences. La finalité c'est de nourrir la population en qualité et en quantité en gardant bien en tête la notion de territoire », explique Michel Morin. Pour le chercheur, Jean-Louis Rastoin, « élaborer une politique alimentaire est essentielle ». À l'instar du Grenelle de l'environnement, il prône un Grenelle de l'alimentation. La députée écologiste Brigitte Allain a proposé d'intégrer dans la loi d'avenir de l'agriculture les projets alimentaires territoriaux. « Il est important que notre alimentation soit décidée en même temps par les agriculteurs et la société tout entière », insiste-t-elle. En Bretagne, l'âge moyen des nouveaux installés est de 29 ans, un tiers est hors cadre familial. « Ils ont une autre manière d'appréhender le métier. Le changement vers une agriculture plus responsable va se faire de l'intérieur », commente Danièle Even de la chambre d'agriculture de Bretagne.

Foncier agricole

Mais, pour constituer une politique alimentaire, il faut déjà sauvegarder le foncier agricole. Ce qui n'est pas toujours facile. Comme le fait remarquer Gérard Leras du conseil régional de Rhône-Alpes « on ne peut pas envisager une politique alimentaire sur le territoire, si on n'a pas de foncier ! » Le problème reste que 75 % des terres sont en fermage et « les règles qui régissent le fermage sont majeures et pourtant aucune proposition satisfaisante n'a été faite dans la loi d'avenir ». Dans les mégalopoles, comme Paris, la question des SAT se pose aussi. « La planète est sur un mouvement d'urbanisation effrayant. Pour nourrir Paris, l'Ile-de-France ne serait pas suffisante », commente Jean-Louis Rastoin qui pose justement la question du prix des denrées : « Soit on augmente les coûts de ceux qui polluent, soit on subventionne l'agriculture durable ! »