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Sélection Les taureaux sélectionnés génétiquement demain dans les fermes

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Les éleveurs ont désormais accès à des taureaux sélectionnés génétiquement pour inséminer leurs vaches laitières. Un véritable saut technologique pour les entreprises de sélection mais aussi pour les éleveurs qui pourront d’ici peu choisir leurs reproducteurs sur de nouveaux critères comme la qualité du lait ou la résistance aux maladies.

Depuis le 18 juin, il est possible d’acheter de la semence de taureaux sélectionné par technique génomique. « Une révolution », estiment les entreprises de sélection qui présentaient cette innovation à Paris le jour même. « C’est un saut technologique comparable à l’arrivée du téléphone portable ou de l’appareil photo numérique », s’enthousiasme Jean-Pierre Mourocq, président de la commission « filière laitière » de France génétique élevage (FGE), interprofession de la sélection animale. Et la France est le premier pays européen à proposer officiellement ces animaux (dans le monde, seuls les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande ont précédé la France). Les professionnels se sont félicités que ce soient les éleveurs qui aient réussi à garder la propriété du patrimoine génétique bovin aux mains de l’agriculture plutôt qu’il ait été privatisé comme dans la filière végétale.

152 taureaux déjà disponibles
Cette technologie permet de connaître les caractéristiques d’un taureau avant même d’avoir testé sa semence sur descendance. Avec une simple analyse de son patrimoine génétique, il est possible de noter – avec un index – ses différentes caractéristiques. Les éleveurs ont l’habitude de choisir leurs reproducteurs à partir de ces index (compris entre 0 et 1) mais ils étaient jusqu’alors calculés à partir de la qualité de leur descendance. Aujourd’hui, 152 taureaux de races Prim’Holstein, Montbéliarde et Normande sont disponibles sur le site de l’Institut de l’élevage alors qu’ils n’ont encore donné naissance à aucun veaux. Au-delà du gain de temps considérable pour les entreprises de sélection, l’intérêt pour l’éleveur est le nombre bien plus important de caractères qui peuvent être identifiés. Aujourd’hui au nombre de 15, ils seront 20 ou 25 d’ici peu. La génomique va par exemple permettre de sélectionner les animaux pour des caractères peu héréditaires comme la qualité du lait (teneur en acides gras…) ou la résistance à des maladies.
D’autres races vont suivre
Pour le moment, seules les entreprises de sélection ayant investi dans le programme de recherche peuvent estimer la qualité génétique de leurs animaux. Mais d’ici 2011 au plus tard, tout éleveur pourra demander un génotypage de ses vaches (avec un système simplifié et pour un faible coût) pour l’aider à la gestion du renouvellement de ses femelles par exemple. Les index génomiques sont disponibles pour trois races : montbéliarde, normande et prim’holstein. Les races allaitantes et les autres races laitières des études sont en cours, mais les cheptels peu important limitent la fiabilité des mesures. Des partenariats avec d’autres pays sont donc nécessaires pour atteindre une taille critique de troupeau. Les premier index génomiques pour les brebis laitières ne devraient, par contre, pas tarder à arriver (probablement d’ici la fin de l’année).

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