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Salon de l’agriculture Les temps forts de Terre d’infos

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Hommes politiques, chercheurs, professionnels, le plateau d’enregistrement de la chaîne du Salon de l’agriculture Terre d’Infos a été l’occasion de déclarations qui comptent pour l’agriculture. Agra Presse les suivait au jour le jour pour son bulletin quotidien Agrafil. En voici quelques extraits :

Dacian Ciolos : « Un filet de sécurité »
Présent pour l’ouverture du salon, le commissaire européen à l’agriculture a fait une apparition remarquée à l’émission Les clefs pour comprendre. Le commissaire, qui débute une tournée européenne de consultation des acteurs du milieu agricole, se dit à l’écoute de tous : institutions, syndicats, etc. Le patron de l’agriculture européenne ne s’est pas encore prononcé sur les outils de régulation à proposer. Il s’est dit favorable à des mécanismes de régulation, mais « sous forme de filet de sécurité », et a notamment insisté sur davantage de transparence pour répartir équitablement la valeur ajoutée. Face à la proposition de Bruno Le Maire sur des aides en fonction de la fluctuation du marché, « cela doit rester exceptionnel », a-t-il rappelé car « les aides directes doivent satisfaire une certaine stabilité minimale ». (28/2/2010)

Baisse de la biodiversité : des solutions contradictoires
« Ce n’est pas la faute des agriculteurs ! », a proclamé Olivier Thomas, président de l’Agence des espaces verts en Ile-de-France lors d’Écran vert, une émission de Terre d’Infos. Mais comment réduire notre impact sur la biodiversité ? « C’est du ressort de chaque citoyen, mais aussi des institutions, à travers les schémas d’aménagements qui doivent privilégier les zones agricoles », a-t-il avancé. Mais la biodiversité est vue différemment selon l’intérêt qu’on lui porte. Car « la biodiversité qui intéresse l’agriculteur n’est pas la même que celle du chercheur », a souligné Rémi Bailhache, vice-président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture. « Il y a même des actions contradictoires ! », a-t-il ajouté. Exemple : un arbre mort peut abriter des insectes xylophages ou un certain type d’oiseaux ; cependant, un agriculteur se verra obligé par les assurances à le couper ! Ce sont de véritables casse-tête auxquels les agriculteurs sont souvent confrontés. De même, le Grenelle demande d’effacer les obstacles sur les cours d’eau, mais « les barrages qui sont des catastrophes pour les poissons créent de nouveaux espaces de biodiversité sur les berges, favorables aux micro-organismes », soutien le vice-président.
Selon la communauté scientifique, la disparition des abeilles est incontestable. « En comparant les données historiques avant et après 1980, on observe une baisse significative des abeilles », a déclaré Bernard Vaissière, responsable de l’unité Abeilles et Environnement à l’Institut national de recherche agronomique Les quatre causes majeures de déclin des abeilles sont liées à l’action de l’homme : la disparition des habitats, la baisse de leur alimentation, les maladies et l’utilisation des phytosanitaires. « Cela dit, la cohabitation est possible, elle a existé auparavant, on peut y revenir ! », confie-t-il. Il existe 20 000 espèces d’abeilles dans le monde, responsables de la pollinisation de 80 % des plantes à fleurs. (28/2/2010)

Guy Vasseur : « Battons-nous ! »
Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, invité lors au Débat de Terre d’Infos, a été très clair : « Battons-nous pour maintenir une politique agricole commune ». Alors que 68 % des internautes interrogés sur pleinchamp. com pensent que les aides vont disparaître, Guy Vasseur monte au créneau et refuse le pessimisme ambiant. « Il faut créer de nouveaux outils de régulation, précise-t-il. Il faut éviter de penser que l’agriculture n’est pas délocalisable ». Ainsi, quand la France ne fait pas ses quotas, d’autres pays comme l’Allemagne les récupèrent. Quant à la question des contrats entre l’industrie agroalimentaire et les agriculteurs proposés dans la loi de modernisation agricole, le président espère qu’elle sera amendée pour être efficace. De plus, « il ne faut pas se limiter à la transformation, mais aller jusqu’à la distribution », le nerf de la guerre des agriculteurs. (1/3/2010)

L’Agroécologie : une solution d’avenir déjà bien présente
Agroécologie, agriculture écologiquement intensive ou encore agriculture de conservation, quel que soit le nom qu’on lui donne, la deuxième révolution verte est en route. Fondée sur la réduction des intrants et la protection de l’environnement, cette nouvelle technique consiste à « copier » les phénomènes naturels pour les reproduire et les amplifier à l’échelle de la parcelle. « Aujourd’hui, plus de 7 % de l’agriculture mondiale est déjà en production agroécologique », a annoncé Jean-François Richard, ingénieur à la division agricole et rurale de l’Agence française de développement. Invité à l’émission Écran vert d’Olivier Alleman, il précise que cela représente « trois fois l’agriculture française ! ». C’est un véritable décollage qui intéresse particulièrement les pays du Sud car cette agriculture est moins gourmande en intrants et mécanisation. « Le problème c’est que la transition se fait sur plusieurs années, jusqu’à 15 ans pour certains », explique Jean-François Richard. Cependant, « la mutation est en cours », assure Michel Griffon, président de l’Association pour une agriculture écologiquement intensive, également sur le plateau. L’utilisation du non-labour, le recours à une couverture végétale systématique ou encore le mélange des variétés à l’intérieur de la parcelle, sont des techniques connues et applicables.

* Progrès technique
« Ce n’est absolument pas un retour en arrière ! », s’est exclamée Marion Guillou, présidente de l’Inra. Invitée sur Terre d’Infos, elle explique que pour continuer à faire du rendement tout en respectant l’environnement, « on utilise des techniques très élaborées, comme les satellites pour nous permettre d’apporter la juste dose d’engrais au bon moment ». De même, pour respecter le plan Ecophyto 2018 et réduire l’utilisation des pesticides de 50 %, « il faudra changer de type d’agriculture en profondeur », a-t-elle ajouté. « Sans le progrès technique, on aurait eu besoin de trois fois notre planète », avait indiqué Norman Borlauq, le père de la révolution verte décédé en septembre dernier. (1/3/2010)

Xavier Beulin : « Organisons des filières »
« Nous souffrons à la fois de la dérégulation, de notre perte de compétitivité et d’une crise morale qui affecte l’ensemble des agriculteurs », a expliqué Xavier Beulin, le président du conseil d’administration de FranceAgriMer lors du Débat de Claude Carré sur Terres d’Infos. Calme, mais déterminé, il a mis un point d’honneur sur l’organisation des filières. « Il faut renforcer la coopération et les groupements de producteurs », souligne-t-il. Les contrats entre producteurs et transformateurs que propose la loi de modernisation agricole « ne sont que des outils », insiste le professionnel. Cependant, les discussions là-dessus ne sont pas finies. « Il faut que les transformateurs acceptent de rémunérer les producteurs à un prix raisonnable quand le marché est bas et que les producteurs acceptent également de ne pas recevoir le maximum quand le marché est haut », conclut-il en substance. (2/3/2010)

Changement climatique : le rôle déterminant de l’agriculture
Responsable à hauteur de 19% des émissions des gaz à effet de serre, l’agriculture est un secteur déterminant dans la lutte contre le réchauffement climatique. Lors des prochains pourparlers sur le climat, « elle va probablement rentrer dans le champ des négociations de manière plus importante », assure Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement à l’Inra, invité du Débat de Terres d’Infos. « On est en même temps les victimes et la solution », explique Rémi Baillhach, vice-président de l’APCA en charge de la biodiversité. « L’agriculture peut agir sur trois piliers stratégiques », explique Jérôme Mousset, chef du service Agriculture et forêt à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie : « La diminution des émissions de gaz à effet de serre, le stockage du carbone et la production d’énergies renouvelables ». Cela se joue à tous les niveaux, explique-t-il, « l’agriculteur utilise plus d’énergie résultant des intrants agricoles, qu’à travers le fioul qu’il consomme dans son tracteur ». Le changement climatique va nous obliger à modifier les systèmes de production, comme le pensent 56% des internautes interrogés sur le site de pleinchamp. com. Cependant, il existe des solutions, « aujourd’hui on est déjà capable de réduire de 50% les gaz à effet de serre produits par les animaux en remaniant l’alimentation ».
Au niveau des agriculteurs, « on remarque qu’ils se sont déjà adaptés aux effets du changement climatique », constate Jean-François Soussana. « Il n’y a qu’à regarder les dates de semis ou de vendange, qui sont chaque année de plus en plus tôt », explique-t-il. De même, « on s’aperçoit que la biodiversité s’adapte elle-même à ces évolutions du climat », soutient Bernard Cressens, conseiller auprès de la direction du WWF. « Comme les plantes, les animaux se propagent vers le Nord », ajoute-t-il. Ainsi, « le bourdon chinois qui attaque les abeilles, par exemple, est le résultat du réchauffement, mais également des transports », complète le conseiller. (3/3/2010)

Moins de produits frais consommés
20 % : telle est la baisse de consommation des produits frais en France en 25 ans. Un chiffre annoncé par Louis Orenga, directeur du centre d’information des Viandes. Parmi ces produits, les viandes sont touchées. L’augmentation du nombre de végétariens « est le résultat de nos sociétés d’abondance », explique Jean-Louis Lambert, sociologue. Selon lui, « les végétariens sont souvent issus du milieu urbain et appréhendent très différemment l’exploitation animale ». Un vrai dilemme : « Les végétariens veulent consommer des œufs mais pas de volaille, des produits laitiers mais pas de viande », explique Louis Orenga. « Que se passerait-il si nous étions tous végétariens, où mettrions-nous la viande ? » (4/3/2010)

Michel Raison : s’adapter aux réformes
Député de Haute-Saône, Michel Raison a défendu le projet de loi de Modernisation de l’agriculture et de la pêche dont il est le rapporteur, dans l’émission Les clés pour comprendre. Très simplement, il explique que « l’objectif de cette loi est de permettre à la France de s’adapter aux réformes de la Politique agricole commune ». Face à la libéralisation européenne, le projet de loi propose des contrats entre producteurs et transformateurs, mais « les distributeurs aussi doivent se sentir concernés », dit-il. L’ancien agriculteur soutien que les organisations agricoles « doivent avoir plus de souplesse de la part de l’Europe, et ne pas être accusées de concurrence déloyale ». Optimiste, il a souligné le « bon » travail de négociation entamé par le ministre Bruno Le Maire, « mais l’optimisme ne suffit pas ! », conclut le rapporteur. (5/3/2010)

Guy Riba : réduire les phytos
Comment réduire l’utilisation des phytosanitaires ? Telle est la question posée à Guy Riba, vice-président de l’INRA dans l’émission Les clés pour comprendre. Il explique qu’« il va falloir réduire par trois les fertilisants et par deux les phytosanitaires, tout en doublant la production ». Le plan Ecophyto 2018, qui a pour objectif une réduction de 50% des phytosanitaires, « c’est possible ! », lance l’ancien directeur scientifique. « D’un côté il va falloir optimiser ce qui se fait aujourd’hui en termes de diagnostic, et de l’autre réaliser une vraie révolution sur les systèmes de production », ajoute-t-il. Il assure qu’« on est déjà capable de réduire de 20 à 30% » l’utilisation de ces produits. Cependant, des problèmes sous-jacents se posent. Par exemple, « augmenter le nombre de rotations de 3 à 7 espèces cultivées, va nous obliger à revoir le marché global », fait-il remarquer. (6/3/2010)

(1) : les films de ces émissions peuvent être visionnés soit sur le site d’Agra Presse soit sur le site : terre d’info. com

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