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Filière laitière Les tensions se poursuivent entre Entremont et les producteurs

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L’annonce du groupe Entremont Alliance de baisser le prix du lait de 70 euros pour 1000 litres pour le mois d’octobre fait réagir les fédérations de producteurs. La FNPL y voit « une véritable provocation pour les éleveurs ».

Le groupe Entremont Alliance a annoncé qu’il allait proposer un prix du lait de 272,8 euros pour 1000 litres pour le mois d’octobre, soit une baisse de 70 euros, suivant son nouveau système de fixation du prix. Cette annonce fait bondir la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) qui y voit « un premier tir de la transformation laitière» et «une véritable provocation pour les éleveurs ». « Qui subventionne qui ? », s’interroge la fédération, réagissant aux propos tenus par le directeur général d’Entremont, Christian Mazuray : « Nous ne sommes pas là pour subventionner le lait, mais pour le valoriser ». Selon le groupe, malgré cette baisse, le prix du lait aura progressé de 17% en cumul sur l’année 2008.

Pour la FNPL, « la filière laitière rentre dans une zone de turbulences sans précédent». La fédération rappelle qu’en 2007 «le prix du lait français a été inférieur de 40 euros pour 1 000 litres par rapport aux concurrents allemands ». L’année dernière, les industriels français ont rémunéré les producteurs sur une base de 288 euros pour 1 000 litres quand le prix était de 331 euros en Allemagne. La FNPL attend donc un rattrapage. Mais Entremont ne l’entend pas de cette façon, estimant que d’autres industriels vont suivre cette voie. Chez Lactalis, on appelle à « des négociations interprofessionnelles ».

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Retour aux négociations interprofessionnelles ?

« Toutes les organisations professionnelles doivent se mettre autour de la table pour fixer de nouveaux indicateurs de prix du lait, admis par tous. Les négociations doivent se faire au niveau de l’interprofession », commente Luc Morelon, directeur des relations extérieures du groupe de Laval. En avril dernier, la DGGCRF avait remis en cause le système de recommandation du prix par l’interprofession, y voyant une entrave à la concurrence. Les pouvoirs publics seraient alors le seul arbitre possible entre les industriels et les producteurs. Le ministère a, d’ailleurs, mis en place un groupe de travail pour trouver une solution de sortie de crise.

Fin septembre, Entremont présentait son nouveau système de calcul de prix, reprenant les trois indices utilisés dans l’ancien système par l’interprofession Cf Agra alimentation n°2034 du 25/09/2008 page 15 : évolution du cours des produits industriels, évolution du cours des fromages internationaux et évolution du prix du lait en Allemagne, hormis la cotation de l’Emmental remplacée par celle du cheddar fixée à Londres. « Ce mode de calcul est une provocation, en occultant totalement son principal marché, l’emmental, dont la valorisation a grimpé de 19% depuis un an », affirme la FNPL.