Les achats de terres en Afrique par des investisseurs venus d’Asie ou d’Égypte sont plutôt une bonne chose pour les investissements français. C’est ce qu’affirme Anthony Bouthelier, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian). Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse le 21 janvier, il estime qu’il « vaut mieux des investissements réalisés par des étrangers que pas du tout ».
Les achats de terres en Afrique par des investisseurs venus d’Asie ou d’Égypte ne font pas d’ombre aux investissements français sur le continent, au contraire, a expliqué Anthony Bouthelier, président délégué du Cian, le 21 janvier lors d’une conférence de presse. Il considère en effet qu’il « vaut mieux des investissements réalisés par des étrangers que pas du tout »et que « plus d’investisseurs s’intéressent à l’Afrique, meilleur c’est ».
Des retombées positives
Les terres en question sont des terres vierges. Donc l’arrivée d’investisseurs, fussent-ils chinois, ne prend pas la place d’entreprises françaises. D’autre part, les investisseurs français sont souvent sollicités pour des missions de sous-traitance que ne peuvent pas régler les acheteurs de terres. Anthony Bouthelier a cité à ce propos l’exemple de l’implantation d’une compagnie pétrolière américaine au Tchad. Mais les Américains, craignant les moustiques, ont demandé à des entreprises françaises de creuser le sol pour faire passer le pipe-line, a-t-il expliqué.
Mais l’investissement foncier n’est pas forcément fructueux, ni pour les pays acheteurs, ni par ricochet pour les entreprises françaises, a tempéré Stephen Decam, secrétaire général du Cian. « Les achats de terres en Afrique par des intérêts venant d’autres continents ne sont pas un phénomène nouveau, et il n’en est pas sorti grand-chose. On verra ce qu’il en ressortira cette fois-ci », a-t-il précisé.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le piège du foncier
En outre, les acheteurs ne sont pas à l’abri de surprises désagréables à long terme, car la question du foncier en Afrique n’est pas réglée. L’attribution des terres est un sujet épineux en Afrique. Le foncier peut se révéler être un piège à moyen ou long terme, dont les pays acheteurs de terres pourraient être les victimes.
La dernière transaction qui a défrayé la chronique en décembre est celle que mène la firme Daewoo. La compagnie sud-coréenne est en train d’acheter 1,3 million d’hectares de terres arables à Madagascar pour cultiver du maïs sur un million d’hectares et des palmiers à huile sur 300 000 hectares. Cela pour répondre aux besoins alimentaires déficitaires de la Corée du Sud, qui n’a pas assez de terres pour nourrir sa population. La Corée du Sud est un des cinq premiers importateurs de maïs.
Les deux dirigeants du Cian ont indiqué que des « comportements prédateurs existent aussi », parmi ces acheteurs. Les pays africains doivent s’assurer que les contrats signés « les garantissent contre des marchés de dupes ».