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Biodiversité Les trames verte et bleue entrent dans leur phase opérationnelle

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Le Comité national trames verte et bleue (CNTVB) a été installé mardi 18 octobre par la ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet. Les trames verte et bleue (engagement du Grenelle de l’environnement) doivent permettre de reconstituer la continuité écologique des milieux naturels. Le comité national aura pour mission de suivre la mise en place de ce réseau de « corridors écologiques » entre des réservoirs de biodiversité en zones agricoles notamment mais surtout vis-à-vis des grandes infrastructures (autoroutes, ligne de chemin de fer…). Il pourra proposer des décrets, échanger sur des travaux scientifiques et faire des recommandations sur les schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE). Le CNTVB, qui réunit les cinq collèges du Grenelle de l’environnement, sera présidé par Jérôme Bignon, député UMP de la Somme, qui sera assisté par un représentant des chambres d’agriculture, Joseph Menard (en charge du dossier eau) et un représentant de France Nature environnement.

Une carte d’ici 6 mois

« D’ici 6 mois, nous souhaitons pouvoir produire une carte de ce que pourrait être à long terme la trame en France », indique Jérôme Bignon. Ces cartes vont être réalisées à partir des travaux des comités régionaux des TVB chargés d’élaborer les SRCE. Ces derniers permettent d’identifier les corridors écologiques qui doivent être restaurés ou préservés pour une bonne circulation de la faune et de la flore tout en tenant compte des enjeux socio-économique du territoire.
Pour Joseph Ménard, cette trame est un outil intéressant en termes d’aménagement du territoire qui peut notamment constituer un frein à l’urbanisation pour la préservation des terres agricoles. L’agriculture et la biodiversité ont des intérêts communs, affirme la ministre de l’Environnement.

Démarche contractuelle

Pourtant, la FNSEA, qui siège au CNTVB, a refusé au printemps 2011 de signer la Stratégie nationale pour la biodiversité. « Tout ne marche pas par consensus, indique Nathalie Kosciusko-Morizet. La FNSEA a de toute façon été associée aux discussions ». La mise en place des trames verte et bleue ne signifie pas la conversion de zones agricoles et zones naturelles dans les documents d’urbanisme, assure-t-elle. C’est pourtant ce que craignent les agriculteurs. Joseph Ménard confirme : « Il faut être vigilant et à ne pas sanctuariser le territoire. Entre Natura 2000, les SDAGE, ou les zones humides, il y a déjà bien assez de zones protégées comme ça ». Il soutient qu’il ne faut pas mettre en pace de nouveau zonage dans les documents d’urbanisme. « C’est pour cela qu’il faut que l’on parte des SRCE qui doivent être traduits dans les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) puis au niveau local dans les PLU (plan local d’urbanisme). Sinon, si l’on part des PLU, en laissant trop de liberté aux communes, des cartes vont être imposées aux agriculteurs ». Le représentant des chambres d’agriculture plaide pour que la mise en œuvre sur le terrain passe plutôt par des démarches contractuelles incitatives pour les agriculteurs.
Les premières démarches contractuelles auxquelles pourront prendre part les agriculteurs seront peut-être les appels à projet lancés dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité (dotée de 11 millions d’euros au projet de loi de finance 2012). Deux ont déjà été lancés : un premier sur la restauration des milieux et un autre sur le rétablissement de continuité écologique des infrastructures de transport. Et deux autres appels à projets vont être ouverts à candidature très prochainement, l’un portant sur les trames verte et bleue en milieu urbain et le second sur les infrastructures agro-écologiques.
 

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