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Prix alimentaires Les transformateurs s’opposent à Michel Édouard Lecler

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Lors d’une rencontre organisée par l’hebdomadaire professionnel LSA (Libre service actualité) consacrée aux négociations commerciales, les transformateurs se sont opposés à Michel-Édouard Leclerc sur les prix alimentaires, ce dernier demandant aux industriels de réduire leurs tarifs « avant la fin de l’année ».

La rencontre organisée par LSA, qui a réuni plus de 400 industriels et enseignes le 2 octobre à Paris, a donné lieu à une opposition entre Michel-Édouard Leclerc, président de l’enseigne Leclerc, et les transformateurs, représentés par Jean-René Buisson, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) et par Philippe Mangin, président de Coop de France, l’organisme qui fédère les coopératives agricoles françaises. Ce désaccord a porté sur la répercussion des baisses de prix alimentaires aux consommateurs.

À l’origine du débat, Michel-Édouard Leclerc a déclaré qu’à partir de décembre, il « bloquera » les hausses de tarifs qui proviendraient de fournisseurs alimentaires. « Il n’y a pas de raison que les prix alimentaires ne baissent pas, alors que les cours des matières premières refluent », a-t-il affirmé. « Nous voulons être les pionniers dans la répercussion des baisses de prix aux consommateurs », a-t-il ajouté.

La transformation n’a pas fini de digérer les hausses

Face à cette position, Jean-René Buisson a répondu que les industriels ne pourront pas répercuter les baisses de cours dès le mois de décembre, parce qu’ils sont encore sous l’impact sur leur trésorerie des hausses de ces derniers mois. « Ils ont à peine digéré les hausses des cours des matières premières qu’il faudrait déjà qu’ils répercutent les baisses ! », s’est-il exclamé, évoquant un accroissement du nombre de faillites d’entreprises agroalimentaires depuis le début de l’année. Pour lui, la stratégie de Michel-Édouard Leclerc vise à se positionner comme pionnier des baisses de prix, vis-à-vis de ses concurrents, notamment hard-discounters, en faisant pression sur les tarifs des industriels pour y parvenir : « Michel-Édouard Leclerc demande aux industriels de financer sa stratégie face à la concurrence », a-t-il lancé.

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Un avis partagé par Philippe Mangin. Celui-ci comprend que les hard-discounters pratiquent des prix bas aux consommateurs, en réduisant leurs propres frais de fonctionnement, mais il s’oppose à la volonté de Leclerc de réduire les marges des fournisseurs, pour maintenir la sienne. Il a martelé que les hausses de prix n’ont pas encore été répercutées et qu’il a beaucoup de craintes pour certains secteurs, comme l’élevage porcin. Il a estimé que la LME (loi de modernisation de l’économie) présente un effet « néfaste », celui de s’accompagner d’une « promesse de baisse de prix aux consommateurs ».

Jean-René Buisson a conclu que « si les rapports industrie-commerce régis par la LME ne s’améliorent pas, nous allons nous retrouver chez Nicolas Sarkozy dans les mois qui viennent pour discuter d’une prochaine loi ».