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« Les usines de compotes de pommes tournent à perte et la distribution refuse de revaloriser les tarifs », s’alarme Vincent Truelle, directeur général de l’Adepale, qui représente l’essentiel du secteur. Le syndicat avait déjà tenté d’alerter la distribution et les pouvoirs publics sur les conséquences de la pénurie de pommes fin septembre, sans succès semble-t-il. Pour rappel, la production française a chuté de 25 % sur la dernière campagne. Elle atteint habituellement 1,6 à 1,7 M t, dont environ 700 000 t sont commercialisées à l’export. L’industrie utilise 345 000 t, dont 250 000 t pour les seules compotes et purées, indique l’Adepale, qui précise que la récolte de golden variété dominante dans la compote de pommes, a reculé de 30 %. En Europe, le recul atteint 10 %. Du coup, les prix à l’export sont bons et cela pénalise d’autant les transformateurs français. Des pommes habituellement destinées à l’industrie du fait de leur petit calibre sont même vendues au consommateur final, assure Vincent Truelle. « À 325 euros/t (prix moyen), la pomme est 70 % plus cher que l’an passé. Depuis le début de la campagne, elle est entre 50 et 60 % plus chère. Plus précisément,en semaine 48, la cotation de la golden était à 310 euros / tonne, contre 174 euros/t en 2011, soit +79 % », explique-t-il. Or la pomme représente 50 à 60 % du prix de revient de la compote. Le manque à gagner pour les industriels est donc extrêmement important. Si aucune entreprise n’a pour l’heure été placée en redressement judiciaire, la menace est bien réelle, s’alarme Vincent Truelle. Se pose aussi, dans un second temps, la question de la fin de la campagne. Quand les tarifs auront augmenté – on imagine mal que cela ne soit finalement pas le cas – quelle sera l’élasticité de la demande par rapport à la hausse du prix en rayon ? Les usines trouveront-elles encore suffisamment de pommes pour fonctionner ? « On passe un peu inaperçu avec les discussions très générales sur les relations commerciales qui s’intéressent plutôt aux céréales et aux filières viandes, mais notre situation est critique. La distribution est tétanisée à l’idée des parts de marché et personne ne veut faire le premier pas. Pourtant, un de mes adhérents m’a dit que cela n’avait posé aucune difficulté pour augmenter ses tarifs au Royaume-Uni… », raconte Vincent Truelle Si l’année en cours s’avère difficile, de tels épisodes sont toujours suivis d’excellentes récoltes et par des prix bas, relève pour sa part Alain Guillemin, DG de Terrena.
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