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Meunerie Les variétés recommandées par la meunerie sont un peu moins cultivées

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Le nombre de variétés de blé destinées à la meunerie et recommandées par cette industrie est en baisse dans le paysage des variétés disponibles en France. Tel est le constat de l’Association de la meunerie française (ANMF) lors d’une conférence de presse à Paris le 2 avril. Au travers d’une liste des variétés de blé recommandées par la meunerie (VRM), l’association essaye depuis 1982 de guider les choix des agriculteurs et des sélectionneurs afin que les variétés créées et cultivées répondent à leurs besoins.

«Avec la publication de la liste des variétés recommandées par la meunerie, nous essayons de faire passer un message aux sélectionneurs, aux coopératives et négoces d’approvisionnement, ainsi qu’aux collecteurs, pour que les meuniers trouvent les qualités et les lots de blé nécessaires à leur activité », a expliqué Bernard Valluis, président délégué de l’ANMF, à Paris le 2 avril. Le choix variétal pour l’ensemble des débouchés (panification, blé de force améliorant, biscuitier ou biologique) s’est élargi en 2012. Concernant la panification, les blés panifiables pour la meunerie française (BPMF) voient leur catalogue de variétés passer de 106 en 2011 à 120 en 2012. Au niveau technique, la commission matière première de l’ANMF, en collaboration avec Arvalis et l’Irtac (Institut de recherches technologiques agroalimentaires des céréales), élabore en outre des recommandations sur les pratiques culturales pour assurer la qualité technologique et sanitaire des blés destinés à la meunerie.

La recherche de volumes n’incite pas à suivre la meunerie
Mais Bernard Valluis s’est cependant inquiété d’une baisse tendancielle des VRM et BPMF, recommandés par la meunerie, dans la répartition des variétés utilisées en France. Ainsi, selon une enquête de FranceAgriMer, la proportion des blés VRM et BPMF cultivés en France est passée de 78% en 2008, à 61% en 2012. Selon lui, cette tendance est notamment liée à la recherche de volumes à la production par les agriculteurs. Ils sont incités par des prix élevés à cultiver des variétés plus productives de blés panifiables (BP), au sens du Comité technique permanent de la sélection (CTPS), qui inscrit les nouvelles variétés au catalogue officiel. Mais les BP ne sont pas considérés comme panifiables par la meunerie qui a des critères d’exigences supérieurs. « C’est une des premières préoccupations de la meunerie française car, certes, il faut produire plus, mais surtout produire mieux en répondant à l’ensemble des besoins », a déclaré Bernard Valluis. Il a d’ailleurs souligné « la démarche singulière » de la mise en place de ces recommandations variétales pour la meunerie, car « le débouché français ne représente qu’un peu plus de 5Mt de blé sur une production d’environ 35Mt ». Mais avec environ 60% des blés français destinés à la meunerie en France, en Europe ou vers pays tiers, la liste des variétés recommandées par la meunerie est devenue une référence pour les utilisateurs au-delà de nos frontières, a aussi indiqué Bernard Valluis.

Les besoins spécifiques de la meunerie évoluent
Bernard Valluis a aussi montré que sur un marché de 4Mt de farine de blé en France, 64% étaient destinés à la panification, 27% à la biscuiterie, la biscotterie et la panification fine et 9% à d’autres usages. « La liste des VRM est une sélection restreinte de variétés de blé qui, utilisées pures, sont aptes à produire un pain français ou un biscuit d’excellente qualité », a souligné Pierre-André Masteau, secrétaire général de l’ANMF. Cette liste comprend, au sens de la meunerie française, les blés panifiables, les blés de force (améliorant les mélanges de grains), les blés à tendance biscuitière et les blés panifiables issus de l’agriculture biologique. Pour cette dernière catégorie, les représentants de l’ANMF ont indiqué que la France subissait un déficit de blés biologiques, avec seulement 2% de la production de farine sur le marché français issue de blés biologiques hexagonaux. Pour remédier à cette situation, amenant les meuniers français à importer des blés biologiques d’Allemagne ou d’Italie, l’ANMF souhaite inciter les producteurs français à se tourner vers ce débouché. Pour soutenir cette démarche, la commission matière première de l’ANMF élabore des recommandations techniques à destination de la filière en partenariat avec l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab), l’Inra ou des meuniers bio.

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