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Intrants Les ventes de phytos en hausse en volume et en valeur en 2008

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Sous l’effet conjugué des prix élevés des céréales et de conditions climatiques assez propices au développement des maladies, les ventes de produits phytos ont augmenté dans l’Hexagone entre 2007 et 2008. En volume, la hausse est évaluée à 2 % et en valeur à 14 %.

«Globalement, le secteur a connu une légère augmentation des ventes en volumes en 2008 », a déclaré Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) le 23 juin lors d’une conférence de presse organisée à Paris. Le tonnage de substances actives vendues a atteint 78 600 t contre 77 300 en 2007, soit une progression de 2 %. Ce sont les ventes de fongicides qui ont enregistré la plus forte expansion, gagnant 6 %, tandis que celles d’herbicides augmentaient de 2 %. En insecticide, le chiffre d’affaires a en revanche diminué de 40 %. « Ce sont les hausses de surface et les conditions météorologiques qui expliquent ces évolutions », a souligné Jean-Charles Bocquet. Un signe pour Denis Tardit, président de l’organisation, que les agriculteurs « raisonnent » leurs interventions et recourent de moins en moins aux applications systématiques.
Des prix de vente en hausse
En valeur, le chiffre d’affaires du secteur en métropole a augmenté de 14 % entre 2007 et 2008, montant à 2,079 milliards d’euros contre 1,820 milliard un an plus tôt. « Au printemps 2008, les agriculteurs ont eu tendance à sécuriser leurs rendements », a relevé le directeur de l’UIPP. Les grosses attaques de mildiou en vigne et en pommes de terre semblent également expliquer une partie de la hausse. Autre élément : la progression des prix de vente. Selon les chiffres de l’Insee et du ministère de l’Agriculture, le coût des produits de protection de plante a augmenté de 3,2 % entre 2008 et 2007. Une tendance qui se confirme sur les quatre premiers mois de l’année, où les prix se sont accrus de 4,3 % par rapport à l’an passé. « L’an dernier, les coûts de fabrication ont augmenté », a remarqué Jean-Charles Bocquet. Dix à quinze mois étant nécessaires pour fabriquer un produit, les intermédiaires de synthèse premières utilisées par les industriels ont été achetés à des prix élevés. « Les marchés étaient très tendus et nos fournisseurs ont pratiqué des hausses de tarifs importantes », a expliqué Denis Tardit.
Pas de hausse en 2008/2009
Pour 2008/2009, le secteur prévoit une légère diminution des volumes utilisés, compte tenu de la stabilité des emblavements et des conditions favorables de la campagne de production. « Au mieux, nous aurons une stabilité en valeur autour de 2 milliards d’euros », a précisé le directeur de l’UIPP.
Dans les années à venir, le syndicat estime que le marché devrait fluctuer davantage du fait des fortes variations des cours des matières premières et des réalités climatiques qui poussent les agriculteurs à raisonner davantage. « C’est un aspect nouveau pour notre industrie », a souligné Denis Tardit. Il se traduira probablement par des risques accrus de pénurie lorsque les besoins n’auront pas été anticipés.

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