Les ventes de l'ultrafrais laitier se sont stabilisées en valeur en 2014 mais restent mal orientées en volume. La situation est particulièrement critique pour les MDD, qui ont été condamnées à près de 200 millions d'euros d'amende par l'Autorité de la concurrence le mois dernier.
L'ultrafrais pourrait-il connaître le même destin que la bière, avec un inexorable déclin des volumes, accompagné d'une valorisation croissante des marchés ? C'est le pari que fait Christophe Lafougère, directeur de la société de conseil Gira, à condition que les industriels innovent et lancent des offres bien valorisées, comme ils ont su le faire avec les yaourts hyperprotéinés.
Il faut dire que les volumes de produits laitiers frais vendus ont encore décliné en 2014. Après un recul de 3,2 % en 2013, ils ont de nouveau cédé 1,5 % en 2014, à 1,86 milliard de tonnes. Mais les ventes en valeur se sont stabilisées (après un recul de 2,3 % en 2013), notamment grâce à une augmentation des prix de 1,7 %. Cette hausse reste toutefois insuffisante, selon Syndifrais. Notons qu'elle fait suite à une année de déflation (-0,2 % pour les prix de vente en 2013), alors que le prix du lait a été encore plus élevé en 2014 qu'en 2013. Au total, les ventes de yaourts et autres crèmes dessert ont atteint 4,73 milliards d'euros en 2013 (+0 ,1 %) (1).
LES CLÉS DE LA VALORISATION
Outre la hausse des prix, le succès des yaourts hyperprotéinés, inspirés des yaourts grecs à l'américaine, a contribué à la bonne tenue du marché en valeur. 12 700 tonnes de ces produits ont été écoulées dès l'année du développement du concept en France par Danone et Yoplait, qui ont lancé Danio et Yopa concomitamment. La dynamique est telle que, déjà, des MDD s'installent sur ce marché. À noter aussi, le succès non démenti des marques alternatives aux marques nationales et aux MDD, comme les offres régionales. Elles ont enregistré une croissance valeur de près de 9 %, pour des volumes en hausse de 6,1 %, ce qui contribue à la valorisation du marché. Tout comme la stabilité des volumes de desserts lactés frais, plutôt bien valorisés, qui voient leur poids relatif renforcé du fait du déclin des volumes de la plupart des autres catégories de produits.
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Si les marques nationales ont réussi, grâce à Danio et Yopa notamment, à repasser dans le vert en évolution valeur, leurs ventes en volumes continuent de décliner (1,1 %). Mais les MDD souffrent davantage, avec des ventes en valeur en retrait de 2,7 % (pour des volumes en baisse de 2,7 %).
Ces chiffres, s'ils sont meilleurs que ceux présentés par Syndrais pour 2013, restent préoccupants. Depuis que les ventes de produits laitiers frais ont commencé à diminuer, en 2012, « ce sont près de 70 000 tonnes qui ont été perdues, soit l'équivalent de la production d'une usine moyenne », a estimé Jérôme Servières, président de Syndifrais le 2 avril, lors de l'assemblée générale. Une situation difficile que les amendes infligées en mars par l'Autorité de la concurrence, pour près de 200 millions d'euros, ne vont pas arranger. MD
(1) Chiffres : Iri via Syndifrais.