Face à l’évolution du profil des vétérinaires et des éleveurs, à la diminution du nombre d’élevage de bovins et au manque de rentabilité des cabinets, le maillage des vétérinaires en zone rurale s’effrite.
Les vétérinaires délaissent de plus en plus le milieu rural, confirme une étude du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) publiée le 18 janvier. Cette désaffection a des « causes sociologiquement explicables », explique le rapport. Les étudiants vétérinaires d’aujourd’hui sont « souvent très attentifs à la bien-traitance animale et à la mouvance végétarienne ». Issus du milieu urbain, ils peinent à s’installer en zone rurale. C’est pourquoi « l’attractivité des territoires comme lieu de vie a également un rôle ». « À cela s’ajoute le fait que l’activité rurale est perçue comme plus contraignante et moins rémunératrice », souligne le rapport. La part du rural dans le chiffre d’affaires global de la profession vétérinaire est donc passée « de 90 % au début des années soixante à moins de 20 % actuellement », selon le rapport. De plus, le nombre d’élevages de bovins « est en diminution constante passant de 220 000 à 180 000 en 15 ans, avec des nombres moyens d’animaux en légère augmentation ».
Le métier d’éleveur a lui aussi évolué
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Dans les filières d’élevage intégrées comme le porc ou la volaille, le vétérinaire est rémunéré directement par l’intégrateur. Il couvre alors une grande zone rurale. Comme les éleveurs ont gagné en compétences techniques, le vétérinaire n’agit plus de la même manière : « Il y a de grosses différences en besoin vétérinaire entre un élevage hors-sol où le vétérinaire travaille sur la prévention des maladies, une exploitation laitière où le vétérinaire est souvent remplacé par le technicien laitier et un élevage allaitant dans lequel les actes chirurgicaux qualifiés d'“actes pompiers” restent de mise ». Le rapport pointe également du doigt la désaffection des jeunes vétérinaires pour les missions de service publiques. Ainsi, « les vétérinaires plus âgés constatent que la notion “d’intérêt public” est beaucoup moins ancrée chez les jeunes générations ». Pour finir, l’étude constate que, des trois activités vétérinaires encadrées par l’État (prescription hors examen clinique, visites d’élevage et prophylaxies collectives), seule la prescription hors examen clinique a un impact significatif sur les revenus du vétérinaire rural. En effet, « la vente de médicaments représente souvent la moitié du chiffre d’affaires du cabinet rural actuellement ». Ce rapport fait partie d’une série d’autres rapports établis par le CGAAER pour un groupe de travail sur le thème du maillage vétérinaire dans les territoires ruraux avec l’objectif d’établir une feuille de route pour améliorer la situation.