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Consommation Les viandes bio sont méconnues du grand public

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Si 86 % des Français pensent que la viande peut être issue de l’agriculture biologique, ils éprouvent des difficultés à définir les critères qui caractérisent les viandes bio. C’est en tout cas ce que montrent les résultats de l’enquête Ifop réalisée pour l’interprofession bovine Interbev. La viande bio apparaît en outre comme un produit onéreux à 91 % des personnes interrogées.

Selon un sondage Ifop pour Interbev, réalisé auprès de 845 personnes de 25 ans et plus, l’opinion publique apparaît mal informée des spécificités de la viande issue de l’agriculture biologique. Si 86 % des consommateurs pensent que la viande peut aussi être issue de l’agriculture biologique, ils la définissent davantage à travers la qualité de l’alimentation que reçoit l’animal (85 % des citations) qu’à travers les qualités de son environnement, de son élevage ou de son bien-être. Seulement un tiers des individus (36%) évoquent spontanément, pour définir la viande bio, les conditions d’élevage : élevage en plein air, en liberté (21 % de citations) à la différence d’un élevage en hangar ou en batterie (6 % de citations). L’absence de traitements (piqûres/antibiotiques/vaccins) n’est évoquée que par 7 % des consommateurs, soit autant que ceux qui mettent en avant l’absence d’OGM. 15 % des personnes interrogées évoquent des « contrôles de l’élevage » dont seulement 4 % un cahier des charges, 3 % le respect d’une charte de l’agriculture biologique, 3 % la traçabilité et la transparence et 2 % le label de qualité. Il apparaît ainsi que le grand public a une certaine difficulté à pouvoir définir les critères précis qui caractérisent une viande issue de l’agriculture biologique.

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Une image de produits chers

Si moins de 20 % de l’ensemble des individus interrogés parlent spontanément d’une différence de prix, c’est pourtant le critère qui arrive en première position lorsque l’on mesure l’image de la viande biologique. En effet, 91 % des Français sont d’accord pour dire que la viande biologique est chère, avec une forte intensité, puisque l’on obtient 46 % de tout-à-fait d’accord avec cette opinion. 88 % des personnes interrogées seraient prêtes à acheter plus de viande bio si les prix étaient « plus attractifs ». Cette pensée est d’ailleurs partagée aussi bien par les non-consommateurs que par les consommateurs de bio. Par ailleurs, du point de vue de la visibilité et du repérage de la viande biologique en magasins, les consommateurs mentionnent peu l’existence de label bio (3 %) ou de réglementations. Pour pallier cette « faible » image, Laurent Tison, directeur marketing chez Ifop, suggère « une meilleure communication ainsi qu’une plus grande visibilité pour permettre de développer la consommation ». Interbev va ainsi lancer prochainement une campagne de communication, basé sur les qualités du bio, avec les slogans : « Goûtez la vie côté bio » et « Respectons les règles de la nature ». Cette campagne sera présente en grandes surfaces, chez les artisans bouchers et magasins spécialisés bio.