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Viticulture Les vignerons indépendants d’Europe unissent leurs efforts

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Le premier congrès européen des vignerons indépendants, organisé par la Confédération européenne des vignerons indépendants (CEVI), s’est tenu le 21 avril 2005 à Paris. Environ deux cents congressistes venus de différents pays d’Europe ont débattu de la politique viticole dans un contexte de crise. La CEVI a marqué sa volonté de rassembler et de défendre les vignerons indépendants d’Europe ainsi que de promouvoir leurs produits sous un visuel commun.

Créée en décembre 2002, la CEVI rassemblait au départ les vignerons indépendants de France, de Suisse et du Portugal. Quelques temps plus tard, le Luxembourg les a rejoints. Enfin, le 20 avril 2005, la Hongrie a adhéré à son tour. « D’autres fédérations nationales viendront rejoindre la CEVI au fur et à mesure de leur structuration », a annoncé Xavier de Volontat, président des Vignerons indépendants de France et de la CEVI.

Principal objectif de l’organisation : défendre le statut particulier du vigneron indépendant, qui représente une filière à lui tout seul (production viticole, vinicole, embouteillage et vente). Il est question notamment que certaines aides, dans le cadre de la nouvelle Pac, ne soient pas conditionnées à l’adhésion à un groupement de producteurs.

« La CEVI a pour objectif de veiller à la prise en compte des problèmes spécifiques du vigneron indépendant dans le cadre des mesures économiques et des réformes législatives européennes et de participer à la politique de développement vitivinicole européen et international », a résumé Xavier de Volontat. Il a expliqué que « des orientations d’actions pour les 3 à 5 années à venir ont été dégagées » à partir d’un audit interne mené ces dernières semaines auprès des organisations adhérentes.

« Notre organisation européenne va donc déterminer une véritable stratégie de communication, en élaborant dans un premier temps un label des vignerons indépendants d’Europe, puis en envisageant la création d’une identité visuelle commune. D’ores et déjà, la CEVI s’est dotée d’une définition compréhensible par tous : European Independant Winegrowers », a poursuivi le président.

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Pour une « mise à plat de l’OCM vitivinicole

La CEVI s’est montrée critique sur l’OCM vitivinicole actuelle dont elle demande une « mise à plat totale ». Les dispositions de l’OCM ne permettent pas aux vignerons de « valoriser leur production sur les marchés », estime la CEVI. « Il faut donc une approche plus transversale qui donne des outils (…) pour se rapprocher de la demande ». Elle estime que la politique viti-vinicole doit reposer sur la recherche de l’équilibre offre/demande par des mécanismes d’adaptation à la demande (et non par une réduction de l’offre) et d’adaptation du vignoble aux évolutions du marché.

La CEVI suggère de développer et maintenir les outils actuels qui ont fait leurs preuves telle que la restructuration du vignoble. En revanche, elle propose de remplacer la distillation de crise par une distillation unique en début de campagne afin d’éliminer rapidement les excédents lorsqu’il y en a.

Pour adapter les produits aux exigences des consommateurs, « chaque euro mis dans la filière doit servir à développer les débouchés plutôt qu’à financer le marché », a déclaré Xavier de Volontat, ajoutant qu’il est peut-être nécessaire d’inventer « de nouveaux mécanismes ou de nouvelles règles » pour maîtriser l’offre. A moyen terme, la CEVI propose de créer de nouveaux outils qui permettraient de réagir plus vite aux modifications du marché : « Observatoires économiques et indicateurs pertinents » ainsi que développement de la recherche/développement, un volet quasiment absent de l’OCM.