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Vin Les vignerons indépendants ont plutôt le moral

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Les Vignerons indépendants de France ont donné le 11 janvier les premiers résultats de leur observatoire, un nouvel outil d’intelligence économique de la filière. Principale information : 65,6 % des vignerons indépendants interrogés sont confiants en l’avenir de leur exploitation, au terme d’une année 2010 plus favorable à l’exportation.

Selon le premier sondage de l’observatoire des VIF, 65,6% des vignerons indépendants sont sereins sur l’avenir de leur exploitation à moyen terme. Cependant, note leur syndicat, « ce résultat assez inattendu masque de profondes disparités régionales ». Les Champenois (pour 82,4%) et les Alsaciens (pour 74,4%) sont confiants alors que les vignerons d’Aquitaine et notamment de Bordeaux sont seulement 44% à partager ce sentiment. « La profondeur de la crise et l’aperçu, ou pas, de signes de reprise continuent de marquer assez logiquement les esprits », poursuivent les VIF dans leur commentaire. Autre élément clef dans l’indice de confiance : l’âge des vignerons. En dessous de 45 ans, l’indice de confiance est très inférieur à la moyenne nationale (-12%). Enfin, la taille des exploitations joue également sur la confiance : les vignerons à la tête de petites exploitations semblent plus sereins.

Pas de solution face à un euro fort
Pour ceux que l’avenir inquiète, les motifs principaux cités spontanément sont par ordre d’importance : la réduction de la marge commerciale (37,8% des interrogés), une commercialisation de plus en plus difficile (23,9%), un accroissement de la charge administrative (15,2%) et une baisse de la consommation et des ventes (14%).
Un baromètre spécifique export (il concerne 71% des vignerons de l’échantillon, les autres n’exportant pas) montre que 61,8% des interrogés sont sereins et 7,5% très sereins alors que 28,8% le sont peu. Là encore, le bassin de production joue sur l’appréciation des vignerons. Les motifs d’inquiétude, pour ceux qui en témoignent, sont la concurrence (27,2%), l’euro fort (22,3%), une promotion insuffisante à l’étranger (22,2%), une demande étrangère en baisse (17,1%) et une notoriété des vins français à l’étranger qui se dégrade (11,3%). Une appréciation de l’euro aurait un effet néfaste sur les exportations pour les deux tiers des vignerons. Face à cette menace, ils avouent ne pas avoir de solution.

Des chiffres prochains sur la viticulture bio
L’observatoire national des vignerons indépendants est un outil d’analyse qui exploite un potentiel de 6 000 adhérents (sur 30 000). Il servira à nourrir des études quantitatives sur le métier (état des lieux de la profession), à identifier et quantifier les besoins des vignerons indépendants en termes de nouveaux services et à établir des indicateurs conjoncturels. Il permet aujourd’hui de connaître la taille des exploitations (taille moyenne de 20,8 hectares) les types de vins produits (89,4% des vignerons indépendants produisent des AOC dont la moitié avec un autre type de vin) et leur mode de commercialisation (70,9% exportent). Ils ont enregistré en 2010 une récolte en baisse en moyenne de 1,1% par rapport à 2009. L’observatoire devrait mener des études deux fois par an. Une prochaine communication de l’observatoire est prévue prochainement sur le mode de production biologique.
« Nous sommes surpris, nous avons des éléments qui montrent une forte dynamique dans cette direction », a commenté Michel Issaly, président des vignerons indépendants.

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