Inquiets des retards accumulés par les Vingt-cinq en matière d’OGM, certains pays poussent l’Europe à réviser sa position. La présidence autrichienne, parmi les plus sceptiques à l’égard des OGM devait poser, le 9 mars, la question du processus d’évaluation de l’innocuité des produits ainsi que celle des méthodes d’autorisation.
Les ministres européens de l’Environnement devaient mettre sur la table les problèmes posés par les Organismes génétiquement modifiés lors sur Conseil du 9 mars. A la demande du Danemark et du Luxembourg un débat d’orientation sur la politique relative aux OGM avait pour but de faire le point sur deux aspects : le processus d’autorisation et la qualité des évaluations scientifiques.
La comitologie en question
Ces deux pays s’inquiètent de l’absence permanente de consensus pour autoriser ou interdire les nouvelles semences. La présidence autrichienne, qui fait partie des sceptiques à l’égard de cette nouvelle technologie, devait poser aux ministres la question de la transparence des décisions rendues par l’UE. En ligne de mire, le processus de comitologie qui a permis aux Etats membres de ne prendre aucune décision politique depuis la levée du moratoire sur les OGM.
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Les Etats membres ne sont en effet jamais parvenus à dégager une majorité qualifiée. Tout au plus se sont-ils prononcés à une majorité simple contre l’autorisation, insuffisante donc pour barrer la route à la Commission de Bruxelles qui décide généralement en dernier ressort d’autoriser la commercialisation du produit.
Crédibilité des études de risque
Autre versant du débat : la crédibilité, souvent contestée par les anti-OGM, des analyses de risque fournies par l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (AESA). « Les évaluations de l’innocuité des OGM destinés à la production de denrées alimentaires (…) posent-elles problème aux Etats membres ? » lance clairement la présidence aux ministres. Ces derniers sont invités à faire des propositions pour en améliorer la qualité. Par ailleurs, l’Autriche va organiser une conférence, à Vienne, les 18 et 19 avril prochains, sur le principe de précaution dans la politique des OGM. La question des incidences à long terme sur la santé et sur l’environnement sera aussi posée.