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UE/Japon Les Vingt-sept agréent la négociation d’un accord d’échange avec le Japon

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Le Conseil de l’UE a donné son aval, le 29 novembre, pour entamer la négociation d’un accord de libre-échange avec le Japon. Selon le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, « même s’il connaît un déclin démographique, le Japon est un marché important pour l’Union, en particulier pour nos produits agricoles de qualité, vins et spiritueux ».

Le mandat de négociation confié par les Vingt-sept à la Commission européenne pour un accord de libre-échange avec le Japon précise que les obstacles non tarifaires de ce pays devront être supprimés, parallèlement à toute réduction tarifaire du côté de l'UE, et que les pourparlers devront être suspendus si les progrès escomptés en la matière ne se concrétisent pas dans un délai d'un an à compter de leur ouverture. La nécessité pour les négociants européens de disposer de licences pour la vente d’alcools sur le marché nippon fait partie de ces obstacles non tarifaires. Une clause de sauvegarde est également prévue pour protéger les secteurs européens sensibles, l’automobile notamment.

Un vrai plus pour l’agroalimentaire européen

Selon la Commission, un accord de libre-échange entre l'UE et le Japon devrait permettre d'accroître le PIB européen de 0,8 %, d'augmenter les exportations vers ce pays de 32,7 % – de 23,5 % dans l'autre sens – et de créer 420 000 nouveaux emplois dans l'Union.
Le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, considère que le secteur agroalimentaire de l’UE profitera largement d’un accord de libre-échange avec le Japon, pays qui compte de nombreux consommateurs aisés et dont la protection aux frontières est relativement élevée.
Les chiffres de la Commission indiquent que les exportations japonaises de produits agricoles vers l’UE ont atteint à peine 182,5 millions d’euros en 2011, alors que celles de l’UE vers le Japon se sont élevées à 4,8 milliards d’euros.

« Solution optimale »

Les organisations professionnelles et coopératives agricoles, les industries agroalimentaires et le commerce de l’UE, réunis respectivement au sein du Copa-Cogeca, de FoodDrinkEurope et du Celcaa, faisaient d’ailleurs valoir en juillet dernier, dans une déclaration commune, qu’un tel accord avec le Japon serait la « solution optimale » pour donner « tout son potentiel » à la large coopération bilatérale existant aujourd’hui avec ce pays (1).
Elles citaient une étude du consultant Copenhagen Economics (datée de novembre 2009) selon laquelle, pour les produits agroalimentaires, la réduction des mesures non tarifaires japonaises pourrait se traduire par une augmentation des échanges de 29 %. Et si les droits de douane étaient également réduits, les exportations européennes de produits alimentaires transformés progresseraient de plus de 137 %.
Les organisations agricoles de l’UE estiment que les secteurs européens de la viande porcine, du lait et des produits laitiers, du vin et de l'huile d'olive profiteraient considérablement d’un accord commercial avec le Japon.
Le 25 octobre dernier, le Parlement européen a voté une résolution favorable à l’ouverture de négociations de libre-échange avec le Japon (2).

(1) Voir n° 3360 du 23/07/12
(2) Voir n° 3372 du 05/11/12

 

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