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Biocarburants/Investissement Lesaffre investit 4,6 millions d’euros dans un projet de 74 M EUR

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Le leader mondial de la levure Lesaffre a investi 4,6 millions d’euros dans le projet Futurol qui prévoit la commercialisation d’un bioéthanol de deuxième génération à l’horizon 2015. Un procédé original utilisant des ressources non alimentaires devrait voir le jour et Lesaffre contribue à son développement dans le but d’augmenter à terme ses ventes de levure.

Lesaffre veut tirer profit du bioéthanol de deuxième génération en participant au projet Futurol à hauteur de 4,6 millions d’euros grâce au soutien de l’Etat qui s’est engagé à financer 40% de son investissement soit le montant maximum négociable. Premier producteur mondial de levure, Lesaffre détient 6% des parts de Procethol 2G, une société dédiée spécifiquement au projet qui réunit l’ensemble des partenaires venant de la recherche, de l’industrie et de la finance dont Lesaffre, Tereos, Champagne Céréales, l’Inra ou l’IFP. Les parts du capital de cette entité sont réparties proportionnellement au montant investi. Labellisé par le pôle compétitivité Industries et Agro-Ressources (IAR) de Picardie et Champagne-Ardenne, Futurol nécessite un investissement global de 74 millions d’euros au total et a reçu le soutien d’Oséo pour un montant de 29,9 millions d’euros étalés sur 8 ans.

Développer un procédé original

L’objectif de Futurol est de mettre sur le marché un procédé, des technologies et des produits permettant de fabriquer du bioéthanol à prix compétitif grâce à une matière première diversifiée. Il s’agit de développer des technologies d’extraction de la cellulose, sélectionner des enzymes et des levures et mettre au point des procédés de fermentation tout en respectant les normes de développement durable. Concrètement, de nouvelles technologies de transformation vont être mises en œuvre à partir de plantes non alimentaires et de déchets pour éviter des impacts sur les denrées alimentaires. « Globalement, le projet tel que nous l’avons conçu sera nettement moins défavorable aux pays en voie de développement puisque notre méthode exploite des matières premières diversifiées et non alimentaires », précise Jean-Luc Simon, directeur de la recherche et du développement chez Lesaffre. La singularité de Futurol est de proposer une production de bioéthanol à partir de bois, de sorgho, de luzerne, de paille de céréales ou de pulpes de betterave quand les autres projets notamment en Suède ou aux Etats-Unis focalisent sur un type de résidu. D’après Jean-Luc Simon, directeur de recherche et développement, « Futurol présente de ce fait de nombreux atouts et l’ensemble des professionnels vont en profiter ».

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Fournisseur prioritaire de levure

« Notre démarche comporte notamment une phase pilote, suivie d’une phase prototype sur le site agro-industriel de Pomacle-Bazancourt appartenant à Tereos. Depuis ce site seront vendues les licences d’exploitation du nouveau procédé. Le groupe Lesaffre fournira la levure nécessaire à la fabrication de bioéthanol pour chaque client ayant acheté un brevet Futurol », précise Jean-Luc Simon. Pour optimiser ses ventes, le leader mondial de la levure de panification s’est réservé un droit de premier refus sur la production. Celui-ci lui permet de refuser la vente du brevet à un client qui utiliserait une autre levure que la sienne. Selon Jean-Luc Simon, « Lesaffre s’est doté d’un moyen efficace pour inciter les futurs clients de Futurol à acheter sa levure sachant que les producteurs actuels de biocarburant font déjà appel à notre expertise ». Rappelons que Lesaffre réalise un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et compte 37 sites de production implantés dans 26 pays.