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Investissement Lesieur : une inauguration et des engagements sur l'emploi

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En installant l'unité d'embouteillage d'huile Lesieur sur son site de Bassens, déjà occupé par Saipol, le leader français de la trituration des graines oléagineuses et du biodiésel, le groupe Avril se dote d'un pôle agro-industriel consolidé unique dans le Sud-Ouest. Une filière totalement intégrée de la graine, jusqu'aux produits alimentaires et mêmes énergétiques. À 31 millions d'euros, l'investissement est historique pour Lesieur. À l'occasion de l'inauguration du site le 15 janvier qui a déplacé de nombreux politiques, le groupe Avril a pris des engagements forts concernant l'emploi des jeunes.

Lesieur, dans le giron du groupe Avril depuis 2003, a inauguré une nouvelle usine de conditionnement à Bassens en Gironde (33), le 15 janvier. Manuel Valls avait fait le déplacement, et il n'était pas seul. Aux cotés du staff au grand complet des groupes Avril, avec Xavier Beulin son president et Yves Delaine, patron de Lesieur en tête, le Premier ministre était entouré de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la jeunesse et des sports, Matthias Fekl, secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur et Martine Pinville, secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat et de la Consommation, mais aussi d'Alain Juppé, le maire de Bordeaux, d'Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de Jean-Pierre Turon, le maire de cette commune de l'agglomération bordelaise. Il est vrai que l'investissement realisé par Lesieur était de taille et même historique. Le groupe a en effet consacré 31 millions d'euros à ce nouveau site, bien loin des 6 à 7 millions d'euros investis en moyenne tous les ans, portant d'ailleurs à 159 millions d'euros le montant total des investissements dévolus à cette impression depuis 2006. Mais au-delà de l'inauguration du site de Bassens, l'évènement était aussi important du point de vue de l'emploi. Le groupe Avril, sous la houlette de son bouillonnant directeur des ressources humaines, Philippe Lamblin (élu meilleur DRH par ses pairs en 2015), est très impliqué dans l'emploi des jeunes et des personnes les plus fragiles et a d'ailleurs pris des engagements forts en ce sens. La présence du Premier ministre chez Lesieur le 15 janvier à quelques jours de l'annonce par François Hollande des détails de son plan visant à lutter contre le chômage était donc hautement symbolique.

400 JEUNES EN APPRENTISSAGE

Ainsi Avril a signé à l'occasion de cette inauguration, la 60e charte Entreprises et Quartiers, visant à favoriser l'accès à la formation et l'emploi de ces jeunes dans le cadre de la politique de la Ville. Une charte qui prévoit notamment une augmentation sensible du nombre d'alternants (contrats de professionnalisation et d'apprentissage) chez Avril entre 2013 et 2018, à près de 400 jeunes. Cette convention vise également la mise en place d'actions spécifiques sur le modèle de l'école de vente Sanders (partenariat école-entreprise lancé en 2010) visant à favoriser l'accès des jeunes à la formation au métier du conseil en élevage. Enfin, Avril s'engage aussi à atteindre au moins 6 %, c'est-à-dire le seuil légal, de collaborateurs en situation de handicap « dans la totalité des entreprise du groupe, en France, comme à l'international » à l'horizon 2018.

« Cette inauguration, c'est aussi une manière de saluer le sens de l'engagement d'Avril qui s'investit pour l'emploi en zone rural, l'emploi des jeunes, une question qui doit nous mobiliser », a ainsi déclaré Manuel Valls, après avoir rencontré des jeunes sur le site de Lesieur, qui l'ont d'ailleurs frappé par « leur enthousiasme. Tous partagent la même fierté de travailler pour un tel groupe », a-t-il encore souligné. Reste, comme l'a souligné Alain Juppé, que si tous « les politiques sont favorables au développement de l'apprentissage comme un moyen d'insertion d'une grande partie de notre jeunesse dans la vie professionnelle, le nombre d'apprentis baisse ». Un paradoxe essentiellement lié à une certaine réticence de l'Éducation nationale, un manque d'informations sur l'apprentissage à l'école, ou encore à la frilosité des entreprises, selon les politiques. Mais alors comment faire tomber « ce blocage culturel français sur l'apprentissage », s'est interrogé Alain Rousset, qui préconise « de commencer plus jeune, c'est-à-dire dès le collège, le fléchage vers l'apprentissage pour éviter l'échec scolaire. Et d'amplifier le “sas” entre l'entreprise et l'apprentissage, ce qui entraînera le redressement productif », a-t-il conclu vendredi dernier.

UN SITE UNIQUE, UNE USINE À LA POINTE DU PROGRÈS

Aujourd'hui, Lesieur compte 50 contrats d'apprentissage répartis sur ses quatre sites de Coudekerque (59), Grande-Syn-the (59), Vitrolles (13) pour l'huile d'olive de la marque Puget et Bassens (33). L'usine historique de Lesieur, fondée par Georges Lesieur en 1909 est installée dans le Nord à Coudekerque et affiche une capacité annuelle de 180 millions de litres par an (contre 100 millions pour Bassens, soit un tiers du total des huiles conditionnées par Lesieur).

Après un an de travaux, qui ont démarré en 2013, la nouvelle usine, qui, rappelons-le, marquait la première construction par Lesieur depuis un siècle, est donc sortie de terre au printemps 2014, avant d'en-trer progressivement en production au début de l'été dernier. Cette usine a remplacé celle de Bacalan en plein cœur de Bordeaux, dans le quartier des bassins à flots où elle n'avait plus sa place.

Avril concentre donc à Bassens un site unique en France dans la transformation des graines oléagineuses, depuis la graine (colza, tournesol, soit une capacité de trituration de 800 000 tonnes), jusqu'aux produits alimentaires en vrac (tourteaux, huiles végétales) ou conditionnés (huiles végétales Lesieur), et aux produits énergétiques (avec une production de 250 000 tonnes de biodiesel Diester) et renouvelables (avec une production de 25 000 tonnes de glycérine végétale). Le site compte 200 personnes, dont 94 Lesieur.

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BIENTÔT UNE SIXIÈME LIGNE DE PRODUCTION

L'installation sur le nouveau site a également permis une modernisation des lignes de production. Au nombre de cinq, celles-ci sont alimentées en direct depuis Saipol, voisine de quelques mètres seulement à l'aide de trois pipe-lines. En bout de chaîne, sortent des bouteilles, bidons et autres conteneurs de 1 à 1 000 litres d'huile, sous les marques Lesieur, Isio4 ou encore Frial, pour lesquelles la capacité de production varie de 1 800 à 20 000 bouteilles à l'heure suivant les formats. A l'occasion de ce transfert, le groupe s'est aussi doté d'une souffleuse (1,5 million d'euros d'investissement à lui seul) de bouteilles PET aux différents formats.

Lesieur affiche un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros. Les produits Lesieur sont vendus à travers 5 canaux : les hypers et supermarchés, la restauration hors foyer, l'international (65 pays), les marques distributeurs et les industriels.

Le marché de l'huile est un marché globalement stable autour de 300 000 litres par an. L'innovation un axe de développement important pour Lesieur, sachant que « 15 % des ventes de condiments est fait avec des produits qui n'existait pas il y a trois ans », selon Hubert Decroix, directeur des opérations industrielles du groupe. Ce dernier estime qu'à terme, « les nouveautés devrait plutôt passer par le packaging ». Après le mélange Isio 4, il y a quelques années, le groupe a depuis inventé un nouveau conditionne-ment, celui du « stop goutte ». À terme, il n'est pas exclu que ce système, actuellement produit dans le nord, à Grande-Synthe déménage à Bassens. La place pour une sixième ligne y a justement été laissée libre dans la perspective de développements futurs.

Avril en chiffres (2014) *

Chiffre d'affaires : 6,5 Md€ Ebitda : 259 M€ Investissements : 218 M€ 7 200 collaborateurs Présence dans 22 pays 7 domaines d'activités : transfor-mation végétale, Huiles& condiments, oléochimie, Nutrition animale, biosécurité et spécialités nutritionnelles, transformation animale, Avril Développement. *source Avril

Elevage: Manuel Valls évoque d'« éventuelles mesures complémentaires »

Lors de l'inauguration de l'usine Lesieur, Manuel Valls a annoncé qu'il recevrait « prochainement Xavier Beulin, à la suite du président de la République, pour faire le point après les mesures prises le 3 septembre et examiner d'éventuelles mesures complémentaires ». Le Premier ministre, qui a souligné connaitre «  la détresse des éleveurs  » a également indiqué que « l'Etat sera aux côtés des éleveurs qui traversent une crise face sur laquelle le gouvernement est extrêmement mobilisé »..

Lesieur va investir dans une usine de mayonnaise en Algérie

Evoquant la poursuite des développements du groupe, notamment à l'international, Xavier Beulin, président d'Avril, a annoncé le 15 janvier, un projet de construction d'une usine de mayonnaise en Algérie. Générale Condimentaire, la filiale de Lesieur exporte actuellement entre 7 et 8 000 tonnes de mayonnaise vers ce pays. Cette nouvelle usine en Algérie, dont la capacité de fabrication atteindrait 10 000 tonnes, serait approvisionnée en œufs et en huile par le groupe Avril, soit depuis la France, soit depuis l'Afrique. L'investissement, d'un montant compris entre 10 et 12 millions d'euros, serait réalisé en partenariat avec les frères Djadi, majoritaires au capital comme le veut la législation algérienne. Outre l'Algérie, la production permettra d'exporter vers l'Afrique subsaharienne, ont précisé les dirigeants.