Le gouvernement espagnol a publié un décret visant à simplifier et clarifier les appellations de ses jambons afin de regagner la confiance des consommateurs, tant nationaux qu'à l'exportation. Il ne s'agit pas d'une simple modification de façade, mais d'une nécessité pour relancer l'élevage porcin et l'industrie charcutière qui connaissent un réel déclin depuis quelques années. La nouvelle nomenclature ne retient plus que le « jambon de bellota, 100% ibérique » qui sera identifié par un bandeau de couleur noire. L'appellation ne sera accordée que pour des viandes issues de porcs nationaux, élevés en plein air et nourris exclusivement de glands. Ils seront les seuls à se prévaloir de l'appellation « pata negra ». Ceux qui seront élevés de la même manière mais hors d'Espagne seront labellisés jambon de bellota ibérico et pourront afficher une étiquette rouge. La troisième qualité sera le jambon « de cebo de campo ibérico », issu de porcs élevés en plein air, mais nourris à base de céréales ou aliments composés. Une étiquette verte les distinguera. Enfin, les porcs élevés en enclos seront de simples « jambons de cebo ibérico » avec une étiquette blanche. Les trois derniers types de jambons devront obligatoirement porter une mention indiquant le pourcentage de produit d'origine purement espagnole qu'ils contiennent. Ces nouvelles normes sont applicables pour les produits mis en marché à compter du 1er mars 2014.
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Ces changements sont les premiers touchant à la définition de normes de qualité depuis 2007. Pour le ministre espagnol de l'Agriculture, Miguel Arias Cañete qui a présenté le projet en conseil des ministres, une telle clarification était nécessaire pour enrayer le déclin de l'élevage porcin en Espagne. Selon lui, le troupeau de porcs a accusé une chute de 70% sur les quatre dernières années : en 2008, les abattages ont porté sur 517 000 animaux mais seulement 143 000 en 2012. Pour l'appellation la plus prestigieuse de pur bellota, les chiffres ont été respectivement de 19 767 et 3 116.