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Recherche L’essai de peupliers OGM en plein champ soumis à consultation publique

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Une consultation du public a été ouverte le 6 mai pour la prolongation de l’expérimentation en plein champ de peupliers OGM, a indiqué le jour même le Haut conseil des biotechnologies (HCB). Déposé par l’Inra, ce dossier est une demande d’extension pour cinq ans d’une précédente expérimentation. Résultat attendu fin mai.

La consultation publique sur la demande d’autorisation de prolongation de l’expérimentation en plein champ de peupliers génétiquement modifiés est ouverte du 6 au 27 mai. Cet essai « au champ », réalisé à Saint-Cyr en Val, dans le Loiret, porte sur la production de bois à haut rendement de biomasse pour la production d’éthanol cellulosique. Ses axes de recherche portent, selon son intitulé, sur les « taillis à très courte rotation de peupliers génétiquement modifiés pour les propriétés du bois », les « évaluations agronomique et environnementale » et sur l’évaluation du bois pour la production de bioénergie ».
L’Inra demande l’extension pour cinq ans d’une autorisation donnée en 2007 afin « d’étudier l’effet de la modification de la biosynthèse des lignines sur les propriétés du bois ». Son objectif est notamment d’évaluer les propriétés du bois ainsi modifié pour la production de biocarburant de 2e génération. Cet essai porte sur plus de mille arbres et a démarré en 1995.

Pas de risques identifiables pour la santé

Cette consultation du public est une démarche qui doit précéder la décision des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement.
Saisi par le ministère de l’Agriculture, le HCB a rendu un double avis le 15 avril. Selon son comité scientifique, l’expérimentation « ne présente pas de risques identifiables pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement ». En revanche, la majorité des membres de son Comité économique, éthique et social (CEES) a estimé que la recherche « ne devrait pas être reconduite ». Le CEES craint que la production de bioéthanol à partir de peupliers n’entre « en concurrence avec des surfaces agricoles et des cultures alimentaires ». Il craint aussi que les productions de cagettes, à partir de peupliers classiques, reculent, et que ces productions soient substituées par du plastique, ce qui serait négatif en termes de bilan carbone.
Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, la Fédération nationale agriculture biologique, Greenpeace et l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf), membres du CEES, ont appelé le 6 mai dans un communiqué, « les citoyens à renforcer cette position » contre l’extension de l’expérimentation.

« Projet scandaleux » pour la Confédération paysanne

La Confédération paysanne avait déclaré le 22 avril que « la mission de l’Inra devrait se recentrer sur le développement de l’agriculture paysanne et des pratiques réellement agro-écologiques » et « qu’alors que nous manquons cruellement de terres agricoles, que chaque année 70 000 hectares d’entre elles disparaissent sous le béton, il n’est pas acceptable que les financements encore disponibles pour la recherche publique soient gaspillés pour des projets aussi scandaleux ».
De son côté, l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) a estimé dans un communiqué publié le 24 avril que l’arrêt de cette expérimentation « serait pénalisant pour la recherche de voies innovantes nécessaires pour développer en France une énergie renouvelable à partir de la biomasse ». Elle a souligné à cette occasion que, par cet avis, « le CEES, par ailleurs réduit à quelques-uns de ses membres initiaux, sort de sa mission d’évaluation des risques des PGM (plantes génétiquement modifiées) pour se positionner en censeur de la recherche publique ».
Il s’agit du seul essai à des fins de recherche scientifique en plein champ en France, depuis la destruction de 70 pieds de vignes à Colmar par des militants anti-OGM en août 2010. En outre, depuis 2008, la recherche française publique ne mène plus d’essais sur des cultures d’OGM en plein champ à des fins commerciales.

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