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R&D L’État accordera une rallonge au pôle IAR

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L’État accordera une rallonge au pôle de compétitivité Industries et agro-ressources (IAR), qui est spécialisé dans la recherche-développement (R&D) des nouvelles valorisations des productions agricoles, a indiqué le préfet de la région Champagne-Ardenne, Michel Guillot, lors des Rencontres du pôle IAR le 11 octobre à Reims. Cela en raison des résultats qu’il a obtenus et du caractère stratégique de la bioraffinerie.

Le pôle, qui a déjà reçu de l’État 130 millions d’euros depuis son existence en 2005, recevra des soutiens additionnels, du fait de sa bonne notation, a annoncé Michel Guillot. La plupart des critères d’excellence du pôle sont favorables, comme l’élargissement des partenariats, la capacité d’anticipation, la densité et l’originalité du contenu. Le rôle du pôle IAR est de développer la performance des bioraffineries, qui ont pour fonction de tirer toutes les ressources des plantes qui y entrent, des plus élaborées (chimie fine) aux plus brutes (chaleur). « La bioraffinerie est un système qui ne gaspille rien, et qui valorise tout », a résumé Jean-Paul Bachy, président de la région Champagne-Ardenne.
 
Les enjeux : l’après-pétrole et aussi la compétition mondiale
Le président de la région Picardie, Claude Gewerc, a plaidé quant à lui pour des financements par la Banque publique de l’investissement, en cours de constitution pour la ré-industrialisation, rappelant que l’enjeu est un courant mondial de recherche pour l’après-pétrole.
« Nous sommes dans une compétition mondiale, y compris sur la bioéconomie. Il ne faut pas opposer utilisation de produits alimentaires et de produits non-alimentaires ni se focaliser sur la seule ligno-cellulose, car pendant ce temps des marchés se prennent ailleurs au détriment de l’Europe », a soutenu Yvon Le Hénaff, directeur général de la société de recherche ARD.
On comprend mieux le caractère stratégique de la bioraffinerie quand on sait que non seulement elle est appelée à remplacer progressivement le pétrole, mais qu’elle exploitera, quand les connaissances seront développées, les propriétés exceptionnelles des plantes. Faire des produits avec des alcanes (chaînes hydrocarbonées contenues notamment dans le pétrole) demande beaucoup d’énergie, a expliqué Daniel Thomas. On peut plus facilement faire de la chimie fine avec les molécules végétales, car le seuil des températures requis est plus bas.
 
La bioraffinerie fabrique des produits alimentaires
Un des axes forts de ces rencontres a été de rappeler la complémentarité des matières premières qui entrent dans la bioraffinerie, alimentaires comme non alimentaires, et l’imbrication des produits qui en sortent. Ces produits sortants sont certes à dominante non alimentaire (détergents, lubrifiants, cosmétiques, matériaux pour la papeterie, les textiles, la métallurgie, l’emballage), mais aussi à vocation alimentaire : additifs alimentaires, aliments-santé, ingrédients auxiliaires de fabrication de produits alimentaires.
La bioraffinerie « ne décollera que si elle a l’appui du monde agricole et de la société toute entière », a souligné Alfredo Aguilar, chef de l’unité des biotechnologies à la DG de la Recherche de la Commission européenne. Pour ce faire, il est préférable que les bioraffineries soient à la dimension territoriale, et non qu’elles s’approvisionnent sur le marché mondial en matières premières indifférenciées, a ajouté Daniel Thomas, vice-président du pôle IAR. La préférence des dirigeants du pôle IAR ainsi que de la profession agricole pour les bioraffineries ancrées dans les territoires, qui s’est exprimée lors de ces rencontres par la bouche d’Arnaud Petit, directeur des marchés au Copa-Cogeca (lobby des agriculteurs et des coopératives agricoles à Bruxelles), est justifiée également par la recherche d’un cadre économique stable, sans volatilité excessive des prix des matières premières. Une volatilité qui casserait un outil encore naissant.
L’adhésion de la société à la bioraffinerie nécessite un travail d’explication de ses tenants sur le sujet délicat de la ressource alimentaire. Dominique Dutartre, président du pôle, a rappelé à cette occasion que le gaspillage alimentaire ne réside pas dans les pratiques des bioraffineries, mais dans les chaînes de commercialisation et chez les consommateurs. « Il faut inclure cette donnée dans la réflexion », a-t-il plaidé.

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