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Filière olive L'état préoccupant de l'oléiculture française

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L'atonie de la production française d'huile d'olive et d'olives de table est inquiétante, selon l'Afidol, Association française interprofessionnelle de l'olive. En introduction du rapport d'activité 2014 de l'interprofession, son président Olivier Nasles tire la sonnette d'alarme : « Si nous ne changeons pas nos méthodes de travail, nous ne survivrons pas à la prochaine (crise, ndlr) ».

« Nous sommes passés, en trois ans, de comment gérer une surproduction à comment gérer un manque de production ! », regrette Olivier Nasles, président de l'Afidol, dans le rapport d'activité de l'interprofession diffusé le 20 juillet. Ses exemples chiffrés sont éloquents : « La moyenne de la production d'huile d'olive française sur 4 ans de 2007 à 2010 : 5 900 tonnes ; moyenne de 2011 à 2014 : 3 900 tonnes ! ». Un constat d'autant plus déplorable que les oléiculteurs ont planté « plus de 5 000 hectares d'oliviers en 20 ans ». Pour l'interprofession, ces chiffres doivent « faire l'effet d'un électrochoc ».

Les producteurs n'ont pas su s'adapter

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La filière, indique l'Afidol, n'a pas su faire face aux dégâts de la mouche de l'olivier. Malgré une prise de conscience anticipée du danger, les moyens de lutter efficacement contre le parasite n'ont pas été suffisamment utilisés. Olivier Nasles, qui scinde les oléiculteurs en 4 catégories (les « oléiculteurs à titre principal et les arboriculteurs », les « 9 000 agriculteurs qui ont de l'olivier à titre secondaire », les « oléiculteurs faux amateurs » et les « apporteurs du dimanche soir »), est particulièrement critique à l'égard des « 9 000 agriculteurs qui ont de l'olivier à titre secondaire ». « Ce sont les plus coupables dans cette crise, dit-il, car ils ont les compétences techniques, mais pour des raisons diverses, ils ne les ont pas mises en œuvre ».

Au-delà de la phase de production, l'interprofession insiste sur l'importance de « savoir vendre ». Pour Olivier Nasles, « si nous retrouvions une récolte à 7 000 tonnes, nous ne saurions pas la commercialiser ». En France, l'huile d'olive reste la deuxième huile la plus consommée (104 000 tonnes environ, soit 25% de la consommation totale) après l'huile de tournesol (41%).