Le « modèle alimentaire français » est-il si attaqué ? En tout cas, il est au cœur de la nouvelle politique que Bruno Le Maire vient de mettre sur les rails pour les trois ans à venir. Le ministre y voit la clé d’une meilleure rémunération des agriculteurs et d’une meilleure santé de nos concitoyens et le moyen d’une plus grande cohérence dans l’action gouvernementale : le PNA, en effet, est censé s’articuler efficacement avec le prochain PNNS (dont le contenu toutefois ne semble pas encore arrêté). En tout cas, l’obésité n’est plus l’obsession n°1 (elle aurait reculé chez les enfants par rapport à 1999) mais bien plutôt la promotion du patrimoine culinaire français, avec par exemple une obligation d’étiqueter l’origine et un vœu fortement martelé : développer les fameux circuits courts… qu’il ne faut pas confondre avec la suppression des maillons intermédiaires dans la chaîne alimentaire ! Surtout, l’heure est venue, pour le ministre – et cela dépasse le PNA - de faire pression sur tous les acheteurs pour qu’ils relèvent d’urgence les prix payés aux producteurs : ce qui a commencé pour le lait, le vin ou les céréales, doit selon lui s’appliquer à la viande, les efforts de l’Etat en direction des éleveurs ne pouvant suffire dans la crise présente. La pression n’étant pas moins vive au ministère de l’Economie pour contenir les prix consommateurs – et on peut compter sur la grande distribution pour cela étant donné ses capacités à acheter à l’étranger –, on voit dans quel étau risquent de se retrouver les industriels de l’alimentaire. La marge de manœuvre laissée pour une politique du revenu agricole paraît en réalité bien mince, de même que pour une politique de développement de l’aval agroalimentaire.
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