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Futurol  L'éthanol cellulosique est compétitif avec l'éthanol classique

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L'éthanol lignocellulosique produit à partir de pailles et autres sous-produits ligneux est compétitif avec l'éthanol issu des fermentations de la betterave, du blé ou du maïs. C'est l'un des traits qui ressortent de la dernière journée de la semaine de la bioraffinerie, le 2 octobre à Reims.

L'ÉTHANOL produit à partir de ressources non comestibles est maintenant compétitif avec celui qui est produit classiquement dans les sucreries-distilleries de betteraves ou dans les amidonneries de blé ou de maïs. Sans révéler les données précises de coûts de production chez Futurol, programme français qui fait travailler 12 laboratoires, Benoît Trumeau, son secrétaire général, a indiqué, en marge de la semaine de la bioraffinerie, que l'éthanol cellulosique peut être produit « aux mêmes prix de revient que l'éthanol de première génération ».

De 4 euros le litre à moins d'un euro

« En 2008, au lancement du programme Futurol, nous avions produit de l'éthanol cellulosique à 4 euros le litre. En 2011, un mois après l'inauguration, le prix de revient était tombé à 2 euros le litre. En 2012, le prix de revient n'était plus qu'à un euro le litre. Et les progrès ont continué... ». Plusieurs programmes et sites industriels de développement de l'éthanol cellulosique existent dans le monde, dont une usine de la firme néerlandaise DSM qui a été inaugurée le 3 septembre aux États-Unis dans l'Iowa, avec comme matière première la paille de maïs. Mais « Futurol n'a pas son équivalent » dans le monde. En effet, sa particularité est la polyvalence des matières premières qui sont transformées. Les laboratoires qui travaillent pour Futurol mettent au point trois sources de matières premières différentes : les déchets verts, tels les tontes de gazon, les pailles de céréales ; les ressources forestières n'entrant pas en conflit d'usage avec les ressources demandées par les industries du bois ; enfin les cultures énergétiques comme le miscanthus, le switchgrass et la canne de Provence.

Les matières premières ne doivent pas être produites au détriment de surfaces agricoles, telle est la règle du jeu que s'est fixé Futurol. Ainsi, il n'est pas question que les saules et peupliers conçus pour fournir la cellulose à la production d'éthanol soient plantés sur des terres à blé. Leur place est dans les zones humides, pour remplir aussi une fonction de structuration du sol, par leurs racines, aux abords des rivières.

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La semaine de la bioraffinerie et l'Efib conjointement à Reims en 2014

DEUX événements se sont tenus conjointement à Reims du 30 septembre au 2 octobre : la semaine de la bioraffinerie et l'Efib (European Forum for Industrial Biotechnology & the Biobased Economy - Forum européen pour la biotechnologie industrielle et l'économie biosourcée). La semaine de la bioraffinerie est un événement nouveau, organisé à Reims par le pôle de compétitivité Industrie et agro-ressources (IAR).

Parallèlement s'est tenu à Reims le 7e congrès du forum Efib, qui lui se tient chaque année dans une ville européenne.

Autre particularité de Futurol : son unité de production située près de Reims est adossée au site industriel de Pomacle Bazancourt, un des plus importants du territoire français, où sont transformés deux millions de tonnes de betteraves et un million de tonnes de blé et 100 000 tonnes de luzerne. L'avantage d'être intégré à ce site est de pouvoir tester toutes les valorisations possibles de vapeur issue d'une usine pour faire profiter l'autre. Ou d'utiliser les déchets méthanisés de l'une pour alimenter l'autre en biogaz.