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Débat Saf agr'idées L'étiquetage alimentaire en question

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Le think tank Saf agr'idées a organisé le 23 septembre un débat sur le thème de l'alimentation. La principale question tournait autour de l'étiquetage des produits alimentaires.

D ES feux tricolores sur les emballages ? L'idée ne vient pas de nulle part, certains distributeurs anglais l'ont déjà adoptée mais cette disposition est en train de « créer de sérieux problèmes » selon le député européen Paolo de Castro qui intervenait lors d'un débat organisé par Saf agr'idées le 23 septembre. Même si l'étiquetage nutritionnel est rendu obligatoire à partir de décembre 2014 par l'Europe, cela ne veut pas dire que le Parlement européen est prêt à tout accepter. Les députés s'étaient exprimés contre l'adoption généralisée du système d'étiquetage fondé sur les feux tricolores. Au niveau français, le ministère des Affaires sociales et de la Santé a proposé, dans sa future loi sur la santé prévue pour début 2015, de mettre en place sur la face avant des emballages une « échelle de qualité nutritionnelle » sous forme de …. « traffic lights » (feux tricolores, NDLR) ! Le débat est donc lancé. Et la question se pose alors : est-ce qu'étiqueter les emballages avec des informations nutritionnelles rendrait le consommateur plus responsable de son alimentation ? Les intervenants présents à Saf agr'idées ont vivement commenté les solutions possibles pour étiqueter les aliments. « 17% des consommateurs européens déclarent lire les étiquettes et seulement 8% d'entre eux admettent en tenir compte dans leurs décisions d'achat », rappelle Gérard Laloi, un des administrateurs du think tank.

Plus spécifiquement, sur les « traffic lights », Pascale Briand, ancienne directrice de la direction générale de l'alimentation (DGAL) se dit « pas favorable » à cette « orientation schématique simplificatrice » qui semble être « de nature à induire des comportements non responsabilisants ». Un feu rouge peut rebuter le consommateur et poser des problèmes sur l'import/export, explique Michele Pasca-Raymondo, ancien directeur général à la Commission européenne. « L'étiquetage est une barrière non tarifaire très puissante », commente-t-il.

« Question de portion »

« En France, nous avons une grande diversité d'aliments, du chocolat au fromage … C'est ce qui fait notre richesse. Tout est une question de portion que l'on mange », fait remarquer Florence Pradier, directrice de l'Alliance 7, fédération des produits d'épicerie et de la diététique. Certes, il faut manger des quantités limitées mais aussi des fruits et des légumes, ne pas boire de boissons sucrés à table et entre les repas, écouter son corps, manger du poisson deux fois par semaine … Ce sont là certaines des préconisations du Dr Jean-Michel Lecerf, nutritionniste à Lille.

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Du côté de la grande distribution, « on ne pense pas » qu'un « étiquetage culpabilisant soit efficace », commente Mathieu Pecqueur de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). Mais il reconnaît qu'il y a une information à donner aux consommateurs. Pour lui, « il appartient d'abord à la famille d'éduquer sur les équilibres alimentaires ». Mathieu Pecqueur met en garde sur l'effet d'une pastille rouge apposée sur produit qui pourrait amener des effets négatifs sur les marchés. Et la France compte un bon lot de produits « gras » mais conviviaux qui font la fierté nationale comme le foie gras, le brie de Meaux, l'huile d'olive, etc.

Au final, aucun étiquetage idéal n'a été approuvé par les participants aux débats mais il semblerait que la réponse aux problèmes nutritionnels résiderait dans un bon équilibre alimentaire allié à des activités physiques et à une véritable éducation autour de l'assiette.