Les eurodéputés membres de la commission de la sécurité alimentaire ont réitéré leur point de vue sur l'étiquetage obligatoire du pays d'origine pour la viande et les produits laitiers. Dans une résolution non contraignante adoptée le 22 mars, ils estiment que cette mesure aiderait à maintenir la confiance des consommateurs vis-à-vis des produits alimentaires en rendant la chaîne alimentaire beaucoup plus transparente.
Adoptée par 44 voix pour et 18 contre, la résolution de la commission de l'environnement et de la sécurité alimentaire rappelle la position du Parlement en faveur d'un étiquetage obligatoire du pays d'origine ou du lieu de provenance de la viande dans les aliments transformés. Les députés ajoutent que cet étiquetage devrait devenir obligatoire non seulement pour les types de viande autres que la viande bovine, porcine, ovine, caprine et la viande de volaille mais également pour le lait, pour le lait utilisé comme ingrédient dans les produits laitiers, pour les denrées alimentaires non transformées, pour les produits comprenant un seul ingrédient et pour les ingrédients constituant plus de 50 % d'une denrée alimentaire.
ALIMENTS « LÉGÈREMENT TRANSFORMÉS »
Les eurodéputés considèrent dans leur résolution que l'étiquetage du pays d'origine pour le lait de consommation et les produits laitiers légèrement transformés (comme le fromage et la crème), ainsi que pour les produits à base de viande légèrement transformés (comme le bacon et les saucisses), aurait des coûts considérablement réduits et que la Commission européenne devrait examiner cette option en priorité. Ils invitent d'ailleurs cette dernière à définir les « aliments légèrement transformés », en particulier en ce qui concerne les produits laitiers et les produits à base de viande, afin d'étudier la possibilité de limiter, dans un premier temps, la portée de l'étiquetage obligatoire du pays d'origine aux cas où il y a un équilibre entre l'intérêt des consommateurs et les coûts et à formuler des propositions législatives dans ces domaines.
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Dans leur résolution les eurodéputés soulignent que, selon l'enquête Eurobaromètre de 2013, 84 % des citoyens de l'UE estiment nécessaire d'indiquer l'origine du lait, qu'il soit vendu comme tel ou utilisé comme ingrédient dans des produits laitiers. Il s'agit, selon eux, de l'un des facteurs susceptibles d'influencer le comportement du consommateur. Aux yeux des eurodéputés, l'indication obligatoire de l'origine constitue « une mesure utile pour protéger la qualité des produits laitiers, lutter contre la fraude alimentaire et préserver l'emploi dans un secteur confronté à une grave crise». La même enquête Eurobaromètre révèle que 88 % des personnes sondées considèrent un tel étiquetage nécessaire pour la viande (autre que la viande bovine, porcine, ovine, caprine et la viande de volaille, déjà couverte). De même, plus de 90 % d'entre eux considèrent un tel étiquetage important pour les aliments transformés. Les eurodéputés estiment qu'un étiquetage facultatif, comme défendu par la Commission européenne, est susceptible « de conduire à l'introduction de différents dispositifs, ce qui pourrait être source de confusion pour les consommateurs ».
La résolution parlementaire sera mise aux voix en session plénière dans le courant du mois d'avril (ou de mai) 2016 à Strasbourg.
Le Parlement européen a déjà adopté plusieurs résolutions sur l'étiquetage du pays d'origine des produits alimentaires. Dans sa résolution du 11 février 2015 sur la viande dans les aliments transformés, le Parlement a invité la Commission européenne à présenter des propositions législatives pour rendre obligatoire l'indication de l'origine de la viande dans les aliments transformés. L'objectif étant d'assurer une plus grande transparence tout au long de la chaîne alimentaire et de mieux informer les consommateurs européens. Cependant, la Commission européenne doit encore faire des propositions en ce sens, mentionnant les coûts d'un étiquetage obligatoire du pays d'origine pour l'industrie et la probabilité que les consommateurs ne seraient pas enclins à supporter ces coûts supplémentaires.