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Viande/polémique L’étiquetage des viandes abattues rituellement mis à l’étude

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Suite à la polémique suscitée par des déclarations de Marine Le Pen concernant les chiffres de la proportion de viande halal qui serait consommée en Ile de France, largement contestés et explicités par les professionnels de la filière, le ministre de l’Agriculture a jugé utile de convoquer, en urgence, le 8 mars, une conférence de presse pour faire une mise au point sur les différents chiffres qui venaient alimenter, de façon contradictoire les débats engagés, dans un climat peu serein de campagne électorale.

Revenant quelque peu sur sa position initiale, Bruno Le Maire a concédé que « l’étiquetage obligatoire des conditions d’abattage pourrait avoir plus d’avantages que d’inconvénients ». Il a estimé que ses contacts avec de nombreux consommateurs l’avaient convaincu qu’une telle transparence répondait à une réelle aspiration. Il reconnait que ce sera un travail long et qu’il n’est pas certain qu’il sera toujours en place pour parachever ce dossier. Pour les abattoirs, l’étiquetage systématique posera indéniablement des difficultés techniques et donc économiques. Le ministre n’a pas exclu que sa mise en place engendre un surcoût pour les industriels. Bruno Le Maire a déjà rencontré les communautés juives et musulmanes ainsi que des représentants de la filière bovine. Sur le plan législatif, la mise en place d’un tel étiquetage sera longue car l’Europe devra d’abord se prononcer en faveur de cet étiquetage avant que la France puisse en régler les modalités techniques.

Mettre fin à la polémique
Le ministre a également tenu à calmer le jeu concernant une guerre des chiffres qui a rebondi après un rapport du Conseil général de l’alimentation, datant de novembre 2011, estimant « que le volume d’abattage rituel atteint (sur le territoire) 40 % des abattages totaux pour les bovins et près de 60 % pour les ovins . Pour Bruno Le Maire, ces chiffres ont bien été publiés, mais « ce sont des extrapolations faites à partir d’une enquête qui avait été réalisée sur 15 abattoirs seulement », évoquant « une maladresse de présentation ». Pour lui, le seul chiffre crédible est de 14% avec 12% pour les veaux et gros bovins abattus rituellement et 49% pour les ovins et caprins, ce qui s’explique par les habitudes de consommation de la communauté musulmane. Il a cependant estimé que les besoins de consommation en France sont plus proches de 10%, en raison de ce qu’il appelle de « l’abattage rituel par commodité ». Il espère que les mesures prises par le décret du 28 décembre 2011 pour lutter contre ces dérives, mis en application dès ce 8 mars et non le 1er juillet comme prévu initialement, participera à endiguer ces pratiques de facilité.

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