L’étiquetage obligatoire de l’origine du lait et des produits à base de lait est instauré à titre « expérimental » en Italie par un décret dont la signature a été annoncée le 9 décembre par le ministère italien de l’agriculture. Cinq jours auparavant, le commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a confirmé qu’« aucun avis négatif » n’a été émis par la Commission à propos de ce texte dont le projet lui avait été notifié le 13 juillet.
Le décret italien prévoit l’indication de l’origine des ingrédients de nombreux produits tels que le lait UHT, le beurre, le yaourt, la mozzarella, le fromage et autres produits laitiers. Il concerne le lait de vache, de brebis et de chèvre, de buffle et autres animaux. L’étiquette doit porter sur le pays de la traite, sur le pays de conditionnement ou transformation si ces opérations ont été effectuées dans un même pays (Italie par exemple), ou bien, si elles ont été effectuées dans plusieurs pays, sur les mentions « pays de l’UE » ou « pays non-UE ».
Les appellations d’origine et indications géographiques protégées sont exclues par définition de ces dispositions.
En France, un décret publié en août impose l’indication de l’origine du lait et de la viande dans les produits transformés (1), et plusieurs autres États membres ont entamé des démarches en ce sens (2).
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L’association de l’industrie laitière de l’UE (EDA) avait déposé en septembre une plainte auprès de la médiatrice européenne, Emily O’Reilly, contre la décision de la Commission de Bruxelles approuvant le dispositif expérimental français (3). « En ces temps difficiles de protectionnisme croissant », un tel étiquetage a pour conséquences de favoriser la commercialisation des produits nationaux, de fausser ainsi le marché intérieur européen, mais aussi d’augmenter les coûts des transformateurs, et n’améliore en rien la sûreté alimentaire ou la prévention des fraudes, estime l’EDA.
(1) Voir n° 3558-3559 du 05/09/16
(2) Voir n° 3565 du 17/10/16
(3) Voir n° 3561 du 19/09/16