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L’étude sur les effets à long terme de l’alimentation de rats avec des OGM et certaines doses de RoundUp menée par l’équipe de chercheurs dirigée par Gilles-Eric Séralini a suscité de vives et rapides réactions, avant même sa publication officielle et, parfois, avant même sa lecture. Du côté des “environnementalistes”, on demande la révision des méthodes d’évaluation des OGM (FNE et Générations futures), la suspension des autorisations de mise en marché des OGM cultivés en Europe : maïs MON810 commercialisé par Monsanto et pomme de terre Amflora de BASF (FNE), l’arrêt des importations de maïs et de soja transgénique (José Bové). C’est « un moratoire sur tous les OGM résistants aux herbicides en Europe » que Greenpeace exige, ainsi que la réforme de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Les semenciers réunis au sein d’IBV, Initiatives biotechnologies végétales, ont en revanche plaidé : « De très nombreuses études sur les effets à long terme des OGM sur la santé des animaux (…) ont déjà été menées et ont montré que les aliments OGM étaient aussi sûrs que les aliments non OGM », un message porté également par l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV). L’IBV, qui disait, le 19 septembre, ne pas disposer encore de l’étude détaillée, ajoute : « Par ailleurs, de très nombreux animaux domestiques dans le monde entier consomment sans problème des OGM depuis 1996. » Enfin, Monsanto, qui commercialise le NK603 juge qu’« il est trop tôt pour faire un commentaire sérieux ».
Les syndicats agricoles en attente
Les syndicats agricoles se sont aussi prononcés. « En tant qu’éleveur, nous devons avoir toutes les garanties, donc nous demandons la transparence aux fabricants de produits alimentaires destinés au bétail », a indiqué Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Le syndicat s’en remet à l’avis du Haut conseil des biotechnologies. « Cette nouvelle étude remet en évidence la nécessité et l’urgence de mettre en place une nouvelle politique d’autonomie protéique, à travers un “plan protéines” ambitieux à l’échelle européenne », analyse quant à elle la Confédération paysanne. Même conclusion pour la Coordination rurale, qui juge que « l’UE devra rapidement reconnaître sa culpabilité et mettre en place une Politique agricole commune recentrée sur l’autosuffisance et la sécurité alimentaires ».
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