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L’euphorie bio est retombée durant l’entre-confinements

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D’après les chiffres du cabinet Nielsen, dévoilés le 22 octobre, la croissance spectaculaire des ventes du bio durant le confinement se serait essoufflée dès le mois d’avril 2020, pour retomber au niveau de la dynamique du conventionnel sur un an.

Le monde d’après, certains le voyaient bio. Et pour cause : le confinement a renforcé la croissance annuelle à deux chiffres des ventes de produits certifiés, pour lesquels les Français confinés ont eu un appétit redoublé. « Pendant le confinement, l’écart de croissance des ventes entre le bio et le conventionnel s’est maintenu. Mais, depuis, cet écart est devenu inexistant », a expliqué Amélie De Sousa, manager analytique chez Nielsen, à l’occasion d’un webinaire organisé le 22 octobre.

Si, début mars, le chiffre d’affaires du bio dans la distribution a progressé de près de 60 % par rapport à l’année précédente, cette dynamique s’est essoufflée dès le mois d’avril. Mi-juin, le bio a même affiché une croissance nulle, alors que celle du conventionnel était légèrement positive. Début octobre, à la veille d’un reconfinement national, la croissance du bio est de 5 % sur un an, un niveau identique à celle du conventionnel.

Croissance ralentie et incertitudes économiques

Pourquoi ce nouveau retournement dans les habitudes de consommation ? « Le ralentissement de la croissance de l’offre peut expliquer la moindre performance du bio », analyse Amélie De Sousa. La gamme de produits bio s’est tellement élargie dans les dernières années dans les rayons qu’il est désormais difficile de trouver de nouvelles propositions. Selon les chiffres de Nielsen, la progression annuelle du nombre de référence bio serait ainsi passée de 30 % en octobre 2019 à 17 % en octobre 2020.

« L’autre élément qui pourrait entraîner ce ralentissement, c’est une France à deux vitesses, avec des foyers modestes qui vont faire plus attention dans le contexte actuel », souligne Amélie De Sousa. Sur une note plus optimiste, l’élargissement de la gamme des "cleans labels", les sans sucre, sans graisse, sans résidus de pesticide, ou encore le vrac, pourrait offrir d’autres options aux hésitants. « Le bio s’inscrit plus largement dans une injonction à mieux consommer, et les consommateurs peuvent être tentés par d’autres incitations du même ordre », avance Amélie De Sousa.

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Vers une part de marché à 8 %

Le coronavirus ne bouleversera donc sans doute pas le marché. Les réfractaires au bio et les petits acheteurs, ces ménages qui consacrent moins de 3 % de leurs achats au bio, n’iront pas beaucoup plus loin, estime Nielsen.

Restent alors les acheteurs moyens, ceux qui consacrent 3 à 10 % de leurs achats à des produits bio. Alors que le bio occupe 5 % des parts de la marché dans la grande distribution en 2020, Isabelle Kaiffer, expert consommation chez Nielsen, estime qu’un effort commercial sur ces acheteurs permettrait d’atteindre un poids maximal de 8 % dans le CA total de la grande distribution, qui « serait déjà un très bel objectif ».

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