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L’Europe du nord durement touchée par la sécheresse estivale

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En Suède, où des feux de forêts ont détruit des milliers d’hectares desséchés, la Fédération des agriculteurs (LRF) parle de la "pire crise depuis plus de cinquante ans". Un manque de nourriture pour le bétail "sera perceptible dès cet hiver", prévoit Harald Svensson, chef-économiste de l’Agence gouvernementale suédoise de l’Agriculture. "La plupart des agriculteurs ont distribué aux animaux durant l’été les réserves de fourrage qu’ils avaient constituées pour l’hiver", explique-t-il, évoquant une chute historique de 29 % de la production suédoise de céréales par rapport à 2017.

Idem en Allemagne. Les dommages pour l’agriculture outre-Rhin ont été évalués à 680 millions d’euros, et menacent de fermeture 10 000 exploitations allemandes, soit une ferme sur 25. Cet épisode constitue, selon le ministère allemand, "la phase d’anomalie de température la plus marquée" depuis le début des mesures météorologiques en Allemagne en 1881. En Basse-Saxe, grande région agricole du pays, l’inquiétude est grande pour les exploitations fourragères dont la production est inférieure d’au moins 40 % à celle d’une année normale.

Berlin va débloquer 340 millions d’euros pour indemniser les agriculteurs allemands, après quatre mois d’une sécheresse inédite, a annoncé le 22 août le gouvernement allemand. Quatorze des seize Länder allemands se sont dits intéressés par ce programme fédéral, d’une rare ampleur dans un pays aussi décentralisé.

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Aux Pays-Bas, le déficit de fourrage est estimé entre 40 % et 60 % par l’organisation agricole LTO, et celui de céréales à 20 %. La Grande-Bretagne n’a pas connu de sécheresse comme cette année depuis 80 ans, selon l’organisme public Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB). La collecte de lait est en forte baisse du fait du manque d’herbe.

En France, "l’est du pays souffre depuis début juillet, et le reste du pays depuis août avec la vague de chaleur et de canicule prolongée", souligne Patrick Bénézit à la FNSEA. « Dans beaucoup d’endroits, même dans le Massif Central, le château d’eau de la France, il n’y a pas de deuxième coupe d’herbe, c’est très préoccupant », indique-t-il