L’affaire dite de la viande de cheval n’a certainement pas encore livré tous ses secrets et de nouveaux rebondissements ne sont pas à écarter tant cette saga est imprévisible. L’onde de choc de ce scandale, dans lequel tout le monde s’accorde à voir une vaste fraude, touche l’Europe toute entière et implique sans aucun doute plusieurs filières. Les plus grands noms de l’agroalimentaire, comme Nestlé, JBS, ou de la distribution y sont désormais impliqués ainsi qu’une coopérative majeure dans le paysage français. Les conséquences seront lourdes pour les industriels car la confiance des consommateurs a été largement entamée. Quand bien même le scandale disparaitrait bientôt des unes des journaux, il faudra du temps pour restaurer celle-ci. Une remise en cause des pratiques et comportements des industriels et des distributeurs semble inévitable. La question est de savoir s’ils sont prêts pour cet aggiornamento.
Pas moins de quatre ministres ont accordé leur patronage aux premiers états généraux de l’interprofession bétail et viande qui s’est tenu ce mercredi 20 février à Paris. Un soutien dont la filière a bien besoin dans une actualité qui n’a pas montré la profession sous son meilleur jour. Chacun aura à cœur de plaider pour une plus grande transparence et une meilleure information du consommateur dans les produits qui arrivent dans son assiette. Le lendemain, 21 février, le gouvernement réunira les industriels de l’agroalimentaire pour définir les moyens d’améliorer les contrôles qualité, la traçabilité et l’étiquetage des produits. Le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot entend apporter à cette occasion des « premières réponses » au scandale de la viande de cheval faussement estampillée bœuf. Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon sera également présent car la méfiance des consommateurs à l’égard des plats cuisinés est devenue un enjeu important, même si pour l’heure, les distributeurs minimisent l’impact de cette affaire sur la consommation.
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Les professionnels de l’industrie alimentaire (Ania) n’ont pas manquer de réagir, assurant qu’ils feraient des propositions pour renforcer les contrôles existants sur les produits français. Néanmoins, pour l’Ania, « cette affaire de fraude ne doit pas remettre en cause la qualité et l’excellence des produits alimentaires français » car « le système de traçabilité et de sécurité sanitaire français est l’un des plus fiables au monde ». Le ministre de l’Agriculture a également voulu participer à cette dédramatisation de l’affaire en autorisant la levée partielle des suspensions prononcées en fin de semaine à l’encontre de certaines activités de la société Spanghero, annoncée le 14 février. Cette levée des interdictions touche la production de viande hachée, de saucisserie, d’élaboration de plats cuisinés et de découpe de viande. Aucune non-conformité n’a en effet été relevée par les inspecteurs sur les matières premières et produits élaborés qui se sont tous révélés de bonne qualité. S’agissant des activités d’entreposage de matières premières congelées, l’agrément sanitaire reste suspendu. Les investigations se poursuivent et seront révélées ce vendredi. Les inspections ont d’ores et déjà porté sur plus de 80% des produits détenus au sein de cet entrepôt. Le gouvernement n’en n’a pas moins fait savoir qu’il se montrerait ferme en cas de découvertes de pratiques répréhensibles et que pour l’avenir les contrôles seraient renforcés dans tous les secteurs des productions alimentaires, y compris ceux issus de la pêche. Guillaume Garot entend par ailleurs « devancer la législation européenne sur l’étiquetage des produits transformés», car la réglementation européenne impose de préciser le type d’animal utilisé dans un plat cuisiné, pas son origine. Une précision qui n’est pas inutile tant les divergences au sein de l’Union sont grandes sur ce sujet sensible.