Les organisations et coopératives agricoles de l’UE, réunies au sein du Copa, s’offusquent, dans une lettre adressée au commissaire européen Dacian Ciolos, d’avoir été tardivement renseignés sur l’accord de libre-échange entre Bruxelles et Ottawa, dont les éléments essentiels ont été conclus récemment. Regrettant d’avoir eu à faire face à une « situation non durable d’asymétrie d’information », leurs homologues et la presse du Canada ayant, en revanche été mis au courant « 24 heures à l’avance », elles souhaitent que ce déséquilibre ne se répète pas pour les négociations avec les États-Unis. Lors de la dernière réunion des ministres du commerce des Vingt-huit, la France a, elle-même, demandé la publication officielle du mandat confié en juin à la Commission européenne pour ces pourparlers avec Washington, qui est classé en « diffusion restreinte ». Elle n’a pas eu gain de cause, l’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas s’y étant opposés. Ces problèmes récurrents de transparence resurgissent au moment où les Américains, eux, apparaissent très – et même trop – bien informés grâce à leurs écoutes tous azimuts, y compris celles des dirigeants européens. Même s’il qualifie ces pratiques de « pourries, mauvaises et honteuses », le commissaire européen Karel De Gucht, principal négociateur de l’UE, a confirmé que les discussions avec les États-Unis ne seront pas pour autant suspendues. Car « il ne s'agit pas ici d'amitié, mais d'intérêts économiques». D’« intérêts économiques» pour qui ?
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