Avant, les choses étaient simples, trop peut-être : la Commission européenne proposait, et les États membres réunis en Conseil décidaient après que le Parlement européen ait formulé son avis. Aujourd’hui, le processus de décision est beaucoup plus complexe, chaotique souvent. Et pas seulement à cause des élargissements successifs de l’Union. Dans le désordre : les eurodéputés ont le même pouvoir que les ministres, ce qui démocratise les procédures, mais aussi les complique ; le poids politique de l’exécutif se réduit; les capitales rechignent, de plus en plus méfiantes à l’égard de « Bruxelles», voire eurosceptiques, comme nombre de citoyens ; la crise économique crée l’immobilisme, en soumettant notamment toute avancée ou réforme (de la Pac par exemple) à des critères essentiellement budgétaires. Même si elle est très spécifique, l’affaire des droits de plantation viticoles illustre bien cette complexité. Voilà une décision, celle de supprimer ce régime de régulation de la production, sur laquelle les Etats membres producteurs veulent absolument revenir, au grand dam des pays dits libéraux, mais aussi de la Commission qui, dans cette affaire, a les pieds de plomb. Le commissaire responsable, récalcitrant au départ, pourrait faire preuve de pragmatisme, malgré la mauvaise volonté de ses services. Sans parler du manque de souplesse prévisible de ses collègues bruxellois. Il ne reste donc plus aux États membres demandeurs qu’à prendre le dossier en main, à formuler eux-mêmes une proposition sensée pour amener le commissaire à l’agriculture à réagir et à convaincre l’ensemble du collège de présenter au Conseil une proposition en bonne et due forme. Et ce tout en jouant aussi la carte du Parlement européen et en tentant de séduire les autres capitales, quitte à accepter de se prêter à tel ou tel marchandage. Un parcours pour le moins sinueux.
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