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UE /Produits laitiers L’European Dairy Association met l’accent sur la spécificité du secteur

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Bilan de santé de la Pac, négociations agricoles à l’OMC et future réglementation sur les allégations nutritionnelles ont constitué l’essentiel des thèmes débattus au congrès de l’Association européenne de l’industrie laitière (EDA en anglais) le 19 octobre à Prague (Tchéquie). A tous les stades des discussions les responsables de l’EDA ont souligné la nécessité de mener avec souplesse toutes les réformes impliquant le secteur et en revendiquant une approche spécifique pour les produits laitiers.

Comme on le sait, la Commission européenne est hostile aux quotas laitiers et elle ne cesse de répéter qu’elle ne veut plus en entendre parler après 2015. Russel Mildon, directeur à la DG Agri (Economie des marchés agricoles), l’a confirmé le 19 octobre à Prague devant les industriels réunis par leur association, EDA : « L’abolition complète du système des quotas d’ici à 2015 est inévitable ». Il a souligné que si les Européens ne changent pas de politique laitière, « ils deviendraient des producteurs de moins en moins importants sur le marché mondial du lait ».

De quotas avant leur suppression

Pour Veijo Merilainen, président de l’EDA, la fin des quotas laitiers en 2015 constitue « une modification importante pour l’industrie laitière européenne ». Dans l’intervalle, il prône une augmentation rapide des quotas dans la mesure où le marché souffre actuellement « d’un certain déficit et qu’en même temps les 27 ne sont pas en état de remplir leurs quotas ».

Toujours est-il que la Commission envisage de présenter des propositions législatives sur le « bilan de santé de la Pac » autour de mai-juin 2008 (juste avant la présidence française de l’UE). Un accord politique sur ce dossier pourrait quant à lui intervenir vers la fin 2008. Entre ces deux dates, la Commission aura reçu les résultats d’une étude indépendante (en janvier-février 2008) sur l’impact possible de la disparition des quotas sur le secteur laitier.

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Prudence à l’OMC

Au cours du débat sur l’état des négociations agricoles à l’OMC, Peter Dawson, Président du « groupe de travail OMC » à l’EDA, a passé en revue les éléments du « Projet de rapport Falconer » qui concernent le secteur laitier Il s’agit du « projet de modalités pour l’élaboration des Listes d’engagements dans le cadre des négociations sur l’agriculture”, préparé par Crawford Falconer, le président du Comité de l’agriculture, pour le Comité des négociations commerciales de l’OMC.. Robert van Ballegooijn, membre du conseil de gestion de Friesland Foods (Pays-Bas) a indiqué qu’en ce qui la concerne, l’industrie laitière préfère « une démarche multilatérale à la libéralisation du commerce », dans la mesure où une telle démarche assure un équilibre dans le traitement des questions de soutien intérieur, des aides à l’exportation et des droits à l’importation. « Oui à la libéralisation mais à un rythme prudent pour ne pas affecter les capacités du secteur laitier européen », a-t-il souligné. Il a aussi plaidé pour une souplesse dans l’élimination des restitutions à l’exportation « car cela contribuera à réduire l’effet de leur élimination et donnera à l’industrie la souplesse dont elle a besoin pour s’adapter à l’évolution de ses exportations en fonction du marché ».

28 allégations santé demandées

Basil Mathioudakis, chef d’unité Législation alimentaire, nutrition et étiquetage de la DG Sanco, a passé en revue les discussions en cours sur la réglementation relative aux allégations nutritionnelles et de santé ainsi que sur l’étiquetage nutritionnel en mettant l’accent sur les éléments les plus importants qui concernent les produits laitiers (allégations, adjonction de vitamines et de minéraux, étiquetage nutritionnel, Nouveaux Aliments). En ce qui concerne la question importante des profils nutritionnels, nécessaires pour pouvoir utiliser des allégations, il a indiqué que la Commission serait favorable à « une approche générale, à quelques dérogations/exceptions près » (le secteur laitier en ferait partie) afin de maintenir le système gérable. Theo Ockhuizen, président du « groupe de travail Nutrition » à l’EDA, a détaillé la position du secteur laitier sur ce dossier. Il a notamment réclamé un statut spécial pour les produits laitiers dans les « profils nutritionnels » en raison « de leur contribution nutritionnelle positive et de la place importante des aliments laitiers dans le régime alimentaire quotidien ». Pour lui, les acides gras trans « ne doivent pas être considérés pour le profilage nutritionnel en raison de leur faible consommation habituelle dans l’alimentation européenne moyenne et de l’absence de preuves d’effets négatifs sur la santé des acides gras trans provenant des ruminants ». Theo Ockhuizen a annoncé par ailleurs que l’EDA a soumis à Bruxelles un dossier de 28 allégations santé. « Nous préférons présenter 28 allégations santé sur lesquelles tout le monde est d’accord qu’un grand nombre qui divise », a-t-il souligné.