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L’expert et le lobby

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Le lobbying du secteur agroalimentaire est-il si efficace qu’il puisse produire de la désinformation ? Pour le professeur Meneton, chercheur à l’Inserm, cela ne fait pas de doute. Pourfendeur de l’excès de sel dans les aliments préparés par l’industrie, l’homme a attiré les projecteurs sur lui il y a deux ans en accusant le lobby commun du Comité des salines et de ses clients industriels de « désinformer les professionnels de la santé et les medias ». Attaqué pour diffamation par le Comité, son procès s’ouvre cette semaine et aura son effet médiatique. Pierre Meneton invoque « plus d’une centaine de morts chaque jour pour abus de sel » et veut à cette occasion soulever « les problèmes liés au lobbying en général ». Car il y a une autre catégorie de victimes qui s’ignore, ce sont…les chercheurs. Un collectif vient donc à la rescousse, brandissant des sujets aussi divers que l’amiante, le plomb ou les OGM, et réclamant une loi pour « protéger l’expertise » et éviter aux scientifiques qui sont appelés ici ou là comme experts de se sentir instrumentalisés par les intérêts économiques ou victimes d’irrésistibles pressions. On ne sait si le juge ira sur ce terrain mais on peut au moins en attendre qu’il ait le souci du public car celui-ci ne va plus savoir à quel chiffre se vouer : ceux de l’Ania pour qui les produits vendus ont 10 % de sel en moins qu’il y a dix ans, ceux de l’étude INCA donnant une baisse de 5 % de la consommation par tête, tombée ainsi à 7,7 grammes par jour. Faut-il d’ailleurs encore en enlever 20 % dans les cinq ans, comme recommandé par l’Afssa ? Mieux vaut dissuader ceux qui font des excès que d’abaisser les moyennes car en-dessous de 4 grammes on aurait d’autres problèmes…

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