FranceAgriMer a le 13 mai revu en hausse ses prévisions d’exportations céréalières, qui profitent d’une forte demande internationale. Le coronavirus affecte néanmoins certains flux comme le malt d’orge.
L’export de blé tendre est chiffré pour 2019-20 à 13,3 Mt vers les pays tiers (contre 13,2 Mt en avril), un nouveau record. Si l’Algérie reste la destination phare, des flux importants sont aussi notés vers le Maroc (1,7 Mt au 11 mai), la Chine (1,3 Mt). Une faible récolte est annoncée chez les deux clients traditionnels au sein du Maghreb. L’origine France, comme pour l’UE, bénéficie également de la faiblesse de l’euro, qui lui apporte un gain de compétitivité de l’ordre de 2 % sur un an, d’après Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre. Enfin, la chute du pétrole entraîne un écrasement du taux de fret maritime : sur l’itinéraire Egypte, il est à 8 $/t au départ de Rouen, soit très proche des 7$/t au départ de Novorossiysk (Russie). Vers l’UE, FranceAgriMer abaisse sa prévision à 7,6 Mt (-130 000 t sur un mois), en lien avec une moindre compétitivité du blé tendre par rapport au maïs dans l’alimentation animale.
Le commerce mondial de malt d’orge à -5 %
Les exportations d’orge sont estimées à 3,65 Mt vers les pays tiers (+50 000 t sur un mois). Elles profitent notamment d’un regain de tensions politiques entre la Chine et l’Australie. Vers l’UE, FranceAgriMer porte son estimation à 3,78 Mt, entre une bonne tenue du marché fourrager et une baisse du marché brassicole. Une autre victime du coronavirus est le malt, à 1,37 Mt d’exportations (-30 000 t sur un mois) dans un contexte de recul de 5 % du commerce mondial de malt d’orge en 2019-20. La mise à l’arrêt de l’industrie hôtelière, des grands évènements sportifs et même un phénomène de pénurie de bouteilles plombent les débouchés de l’orge brassicole, dont une part croissante s’oriente vers l’alimentation animale, indique Marc Zribi. Les échanges mondiaux de malt d’orge sont chiffrés à 7,17 Mt en 2020-21, soit quelque 400 000 t de moins par rapport à 2019-20 et 600 000 t en deux ans, selon lui.
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« Aucun problème de stock »
Le dynamisme des exportations françaises de céréales a suscité des commentaires erronés dans la presse, selon Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé grandes cultures. « On n’a aucun problème de stock », a-t-il souligné lors de la conférence de presse le 13 mai, contestant le lien fait par les médias entre beaucoup d’export et un manque de farine. « S’il y a eu beaucoup plus d’exportation, notamment vers les pays tiers (…) c’est parce qu’on a eu une très belle récolte. » La tendance est de plus « compensée en partie par moins d’exportations vers les pays européens ». FranceAgriMer a par ailleurs révisé à la hausse son estimation de stocks de fin de campagne à 2,86 Mt de blé tendre (contre 2,61 Mt le mois dernier). Une hausse provoquée notamment par une moindre utilisation du blé en aliment du bétail. Le secteur, pénalisé par l'impact de la crise sanitaire sur des productions comme l'élevage laitier, prévoit d'ores et déjà une baisse de son activité pour l'année. « On prévoit pour l'année 2020 -4 % pour la production, sachant qu'on a énormément d'inconnues sur ce qui va se passer à partir du redémarrage » de l'activité de restauration hors foyer, a déclaré lors du point presse, François Cholat, président du Snia (alimentation animale).
Une tendance mitigée pour l’orge, entre une bonne tenue du marché fourrager et une baisse du marché brassicole