Malgré une campagne à l’exportation vers les pays tiers très dynamique, la France devrait avoir un important stock de report en fin de campagne, que ce soit en blé, en maïs ou en orge. FranceAgriMer s’attend à des offres à l’intervention en orge dans la région Centre. Un signe de la morosité du marché.
Presque record. Sur la campagne 2008/2009, l’Hexagone devrait réussir à vendre pas loin de 9,5 Mt de blé tendre aux pays tiers. C’est ce qu’ont indiqué les dirigeants de FranceAgriMer à l’issue du conseil spécialisé de la filière céréales du nouvel office, le 8 avril, à Montreuil. Une si belle performance n’avait pas été enregistrée depuis 1984/1985. Sauf que « si l’on additionne les volumes destinés à l’Union européenne et aux pays tiers, nous allons exporter environ 16 Mt de blé comme en 2004/2005 ou 2005/2006 », a signalé Michel Ferret, en charge des marchés céréaliers chez FranceAgriMer. Avec la tonne d’orge de brasserie à tout juste 100 euros en Fob Creil et des cours à moins de 130 euros/tonne en blé rendu Rouen, le marché reste morose. « Nous nous préparons à de l’intervention en orge dans la région Centre », a indiqué Christian Vanier, responsable de la direction « animation des filières ». Au niveau européen, 1,1 Mt ont été offertes pour l’instant. « Ce n’est pas beaucoup, compte tenu du potentiel qui existe », a estimé Michel Ferret. Les volumes proposés pourraient augmenter dans les semaines à venir.
Encore des stocks en ferme
La prochaine campagne devrait démarrer avec des stocks importants. FranceAgriMer prévoit pour la France 3,9 Mt en blé contre moins de 2,7 Mt en 2007/2008, 2,8 Mt en maïs au lieu d’à peine 2,2 Mt la campagne passée, et pas loin de 2,5 Mt en orge contre 718 000 tonnes précédemment. Il ne s’agit là que des stocks des organismes stockeurs… auxquels vont s’ajouter les céréales que les agriculteurs conservent encore sur leurs fermes. Lors du conseil spécialisé, les professionnels se sont inquiétés de ces volumes. « C’est un facteur d’alourdissement du marché pour la prochaine campagne », a souligné Christian Vanier. Si le rapport coût/bénéfice s’avère positif, FranceAgriMer pourrait diligenter une enquête sur le terrain afin d’obtenir des données précises. Toutefois, les résultats ne seraient pas disponibles avant la prochaine campagne.
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Un marché mondial lourd
Quoi qu’il en soit, la campagne de commercialisation 2009/2010 s’annonce peu évidente pour les céréales françaises. Selon Michel Ferret, « le marché mondial en blé sera très approvisionné ». « Nous voyons qu’un certain nombre de pays auront des problèmes de stocks », a-t-il ajouté. En Russie, par exemple, les capacités limitées des silos pourraient faire pression sur la nouvelle récolte. Il n’est pas exclu que le pays casse les prix dès l’intercampagne. Egalement en raison de stocks importants, l’Inde pourrait revenir à l’export en 2009/2010. Autant de signaux qui ne sont pas de nature à redynamiser le marché.