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Pac 2013 L’harmonisation des DPU pourrait coûter cher à l’élevage

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L’uniformisation nationale des aides découplées plomberait les résultats économiques des exploitations laitières intensives, selon une étude de l’Inra. Mais cette mesure est encore en négociation et pourrait être compensée par d’autres aides, ou par des effets conjoncturels, rassure-t-on à l’Institut de l’élevage.

Bruxelles envisage d’intégrer à la réforme de la Pac une harmonisation nationale du montant des aides découplées de la production : les droits à paiement unique (DPU). Une orientation qui inquiète de plus en plus les éleveurs de l’Ouest de la France. Tel qu’envisagé actuellement, « la convergence ne va pas être favorable à l’élevage laitier », anticipe, avec prudence, Christophe Perrot, économiste à l’Institut de l’élevage. Le découplage de la prime au maintien de la vache allaitante en 2006 a en effet profité aux éleveurs laitiers, qui touchent en moyenne 299€ par hectare via les DPU. D’après une étude de l’Inra, une harmonisation nationale de ces aides provoquerait une chute des revenus des éleveurs de l’Ouest de la France pratiquant l’élevage intensif. Les producteurs picards par exemple subiraient une perte de 24% de leurs résultats courant annuels. En Haute-Normandie, c’est une réduction de 20% de leurs revenus qui est attendue. A contrario, les élevages extensifs, plus présents dans le centre de la France, seraient gagnants. « Le DPU moyen pour l’élevage breton est de 350€, en Franche-Comté il est de moins de 200€ », rappelle Christophe Perrot. « Le niveau de convergence n’est pas fixé, mais on table actuellement sur un DPU moyen de 250-260€ après réforme », précise-t-il. Le revenu des éleveurs auvergnats augmenterait ainsi de 10%, selon les prévisions de l’Inra, ceux de Franche-Comté, de 15%.
 
Trop d’incertitudes pour s’alarmer
Mais si la filière doit rester vigilante, les modalités de « l’harmonisation des DPU sont encore très incertaines », rappelle Christophe Perrot. De plus, « au niveau français, des choix pourront moduler les pertes, il faudra voir ce qui se passera sur le 2nd pilier », relativise-t-il. Pour l’économiste, les variations de revenu seront de toute façon principalement dues à la volatilité du marché. « Les résultats économiques sont beaucoup plus influencés par l’augmentation des volumes et par la conjoncture des prix », estime-t-il. Et si l’élevage français risque d’être touché, la situation serait plus inquiétante dans le nord de l’Europe. « Les autres pays européens ont des exploitations moins hétérogènes qu’en France. Les DPU sont quasiment tout le temps supérieurs à la moyenne nationale », explique Christophe Perrot. C’est donc l’ensemble de la production nationale de ces pays (Allemagne, Angleterre, Irlande, Danemark) qui serait pénalisé par une uniformisation. L’Allemagne par exemple, qui se prépare à l’harmonisation des DPU depuis plusieurs années, n’aura plus qu’un seul montant d’aide par Lander dès 2013. « Dans le Nord-Ouest, les exploitations laitières vont perdre 100€/ha de DPU », chiffre Christophe Perrot.

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