Le Forum avenir bio qui se tenait à Paris, le 28 octobre, a été l’occasion de présenter la récente filière de lait de chèvre bio française. Les éleveurs de chèvre bio existent depuis longtemps et en circuit court, mais jamais avant un accord n'avait été passé avec un transformateur et un distributeur. La jeune filière qui transforme quatre millions de litres de lait par an est en partenariat avec Biocoop et la fromagerie de la Lémance.
« La création de la filière date de 2015. Nous avons installé un outil de transformation dont le capital est détenu par les producteurs, Biocoop et les transformateurs », a expliqué Bruno Inquimbert, p.-d.g. de la fromagerie de la Lémance, lors du Forum avenir bio qui se tenait à Paris, le 28 octobre. La filière lait de chèvre bio est toute récente. « Il existe depuis longtemps des éleveurs de chèvres bio, mais ils sont surtout en transformation à la ferme et en circuits courts », précise Élisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio. Là, il s’agit d’une filière. « Nous avons transformé quatre millions de litres de lait. Il nous en faudrait six pour répondre à la demande », se réjouit Bruno Inquimbert. La France manque d’approvisionnement en lait de chèvre bio.
Revenu assuré
Côté producteurs, ils sont douze à approvisionner la fromagerie en lait de chèvre depuis mai 2014. « Avoir des prix sur trois ans, on n’avait jamais connu. En conventionnel, c’est à peine si on avait une visibilité sur trois mois… », raconte Laurent Vincendeau, président de l’association des producteurs de lait de chèvre bio.
En France, il y a 762 éleveurs de chèvres bio. Ils sont quasiment tous en filières courtes.
Ce n’est pas le seul levier qui a fini de convaincre les douze éleveurs embarqués dans l’aventure. L’éleveur poursuit : « D’habitude, entre distributeurs et transformateurs, c’est "vous nous prenez trop d’argent". Là, ils étaient à la même table et se respectaient. Cela nous a motivés ! »
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Horizon dégagé
La filière est très optimiste pour la suite. « Les approvisionnements locaux devraient arriver en 2016 », analyse Bruno Inquimbert. La demande n’est pas le seul moteur d’une filière fraîchement débarquée sur le marché national. « Quand le prix du lait conventionnel diminue, celui du bio ne baisse pas », affirme le dirigeant de la fromagerie de la Lémance. Dans un contexte de crise de l’élevage conventionnel, cela pourrait intéresser des éleveurs. Pour la suite, les professionnels ont de grands projets à l’échelle nationale. « On peut fédérer des producteurs sur la moitié de la France. Mais on réfléchit aussi à structurer la filière à l’échelle nationale », poursuit Bruno Inquimbert.
La guerre des prix sur les bûchettes n’est pas justifiée, estime la Fnec
La guerre des prix menée par certaines enseignes aujourd’hui sur les bûchettes de chèvre n’est pas justifiée compte tenu de l’état du marché, estime la Fédération nationale des éleveurs de chèvre (Fnec), dans un communiqué le 28 octobre. Les éleveurs constatent que « le consommateur pourrait encore manquer de produits en fin d’année », que « la collecte de lait de chèvre stagne encore », et que « les stocks sont au plus bas dans les laiteries, dû à une consommation dynamique de fromages de chèvre ». Ils demandent aux distributeurs de « cesser la guerre des prix » et aux laiteries de poursuivre dès le 1er janvier 2016 « la revalorisation du prux du lait. »