La Commission européenne a toujours fait preuve d'un grand volontarisme dans les négociations de libre-échange, bilatérales ou multilatérales. Elle a même tendance à en rajouter avant la fin de son mandat. À tel point que, en interne, le commissaire à l'agriculture, Dacian Ciolos, vient d'alerter les autres membres de l'exécutif sur le déséquilibre entre l'offre de concessions, plutôt généreuse, présentée par l'UE et celle, beaucoup plus prudente, soumise par les États-Unis dans le cadre des pourparlers pour la conclusion du partenariat transatlantique. Le commissaire au commerce, Karel De Gucht, reconnaît lui-même que sa proposition est délibérément « plus ambitieuse » que pour les négociations avec d'autres partenaires. Du coup, il juge que l'offre des États-Unis pour l'accès au marché « n'est pas à la hauteur » de celle de l'Europe. Donc, l'une des deux parties se dévoile, l'autre reste en retrait. La « tactique » est risquée, même si l'échange de concessions tarifaires pour les produits les plus sensibles, les viandes notamment, n'a pas eu lieu. Risquée et inquiétante au moment où semble se dessiner une reprise des tractations avec le Mercosur. Certes, la position de ce dernier n'est pas encore bien consolidée, l'Argentine continuant de traîner les pieds. N'empêche, déjà en 2011, une analyse des services agricoles bruxellois avertissait qu'un éventuel accord de libre-échange entre l'UE et le bloc sud-américain aurait un impact global « négatif » sur l'agriculture européenne, dans le secteur de la viande bovine surtout. « La Commission reconnaît que la capacité de l'UE à ouvrir ses marchés de la viande est limitée », a assuré récemment Dacian Ciolos aux professionnels. Mieux vaut prévenir que guérir. Agra Europe
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