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Libre-échange : toutes voiles dehors

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« Larguons les amarres, mettons les voiles, et profitons des vents favorables ! », s’est exclamé Jean-Claude Juncker en conclusion de son discours annuel sur l’état de l’Union à Strasbourg. De fait, c’est même le grand large que vise le président de la Commission de Bruxelles, qui « voudrait que nous renforcions encore notre programme commercial européen ». Un tour du monde qui est déjà bien avancé et que l’exécutif de l’UE compte bien compléter au plus vite, avant la fin de son mandat en tout cas. Le CETA, l’accord économique et commercial global avec le Canada, notamment son volet libre-échange, entrera bel et bien en vigueur de façon « provisoire » le 21 septembre. Les négociations avec le Mercosur devraient être prochainement relancées, la Commission comptant, comme l’on pouvait s’y attendre, inclure dans son offre révisée un contingent tarifaire d’importation de viande bovine – le chiffre de 85 000 tonnes serait envisagé – pour séduire les partenaires sud-américains. Et sans doute obtenir de leur part des concessions dans d’autres domaines. Et puis il y a le Pacifique. Après l’accord de principe déjà conclu avec le Japon, Bruxelles propose maintenant d’entamer des pourparlers avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. « L’Europe est ouverte au commerce, oui. Mais réciprocité il doit y avoir. Il faudra que nous obtenions autant que ce que nous donnons », a encore déclaré Jean-Claude Juncker, affirmant que « le commerce, c’est l’exportation de nos normes sociales et environnementales, et de nos normes en matière de protection des données ou de sécurité alimentaire ». Pas sûr, malgré ces bonnes paroles, que les secteurs « sensibles » de l’UE, certains pans de son agriculture surtout, aient l’impression de profiter de « vents favorables ».