La Russie a annoncé l’extension à l’Ukraine de son embargo sur les produits alimentaires à partir du 1er
> janvier, date d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’UE et Kiev.
La décision de Moscou d’étendre à l’Ukraine le 1er janvier – date d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange « approfondi et complet » entre l’UE et Kiev – l’embargo sur les produits agroalimentaires déjà imposé aux pays occidentaux a été confirmée le 21 décembre par le premier ministre russe, Dmitri Medvedev (1). Trois jours après cette confirmation, qui a mis définitivement un terme aux négociations engagées par la Commission européenne et les deux pays concernant l’application de l’accord (2), le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a annoncé une « riposte » avec « un embargo commercial et des sanctions similaires contre les marchandises russes ».
Le 21 décembre, l’UE a formellement prolongé de six mois, jusqu’au 31 juillet 2016, les sanctions économiques à l’encontre de la Russie, en lien avec la crise ukrainienne.
Et la semaine précédente, le président Vladimir Poutine avait signé un décret excluant l’Ukraine de la zone de libre-échange liant depuis 2011 plusieurs pays de l’ex-URSS. La Russie n’avait cessé de répéter que, à défaut de mesures de protection commerciale, l’accord entre Kiev et Bruxelles pourrait inonder son marché de produits provenant de l’UE, ce que réfutait la Commission européenne.
Un accord déjà appliqué de façon unilatérale par Bruxelles
Dans le cadre de l’accord de libre-échange « approfondi et complet » avec l’Ukraine, l’UE a déjà ouvert, en avril 2014, son marché de façon unilatérale et anticipée aux produits agricoles et agroalimentaires en provenance de ce pays (3). 82,3 % des produits ukrainiens entrent ainsi librement sur le marché communautaire (83,4 % pour les produits transformés), le reste – les produits sensibles (viandes, produits laitiers, œufs, céréales, sucre, champignons, tomates transformées, jus de raisin) – étant soumis à des quotas tarifaires d’importation.
Du côté ukrainien, la libéralisation à l’importation – applicable au 1er janvier – est totale pour plusieurs produits de l’UE (fromage, huile d’olive, vin, etc.). De plus, Kiev ouvre des quotas d’importation tarifaires pour la viande porcine (10 000 tonnes par an, et une quantité supplémentaire de 10 000 t sauf jambon et filet), la viande de volaille (de 8 000 t à 10 000 t au bout de cinq ans), les carcasses congelées de volaille (10 000 t) et le sucre (de 30 000 t à 40 000 t).
En moyenne annuelle, les exportations de produits agricoles et agricoles transformés de l’UE vers l’Ukraine ont atteint 1,665 milliard € (dont près de 30 % de produits transformés) sur la période 2009-2014. Dans le même temps, les importations de l’UE dans ce secteur en provenance de l’Ukraine se sont élevées en moyenne à 2,952 Mrd € (dont céréales 1,017 Mrd €).
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La Turquie aussi visée par Moscou
L’embargo prévu au 1er janvier par la Russie à l’encontre de la Turquie à la suite de la destruction d’un de ses bombardiers le 24 novembre devait être limité aux fruits et légumes (4), Moscou voulant éviter de renforcer l’inflation alors que celle-ci a atteint 15 % en novembre, très au-delà des objectifs du gouvernement.
« L’embargo ne rentrera en vigueur que le 1er janvier. Si les prix augmentent d’ici là, ça sera seulement en raison d’une entente sur les prix », avait averti début décembre le premier ministre russe, Dmitri Medvedev.
(1) Voir n° 3521 du 23/11/15
(2) Voir n° 3523 du 07/12/15
(3) Voir n° 3444 du 21/04/14
(4) Voir n° 3523 du 07/12/15