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Alimentation animale L’idée de la réintroduction des farines de viande fait son chemin

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Les services du commissaire à la santé, John Dalli, mettent la dernière main à la feuille de route pour les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) pour la période 2010-2015. Son adoption par la Commission européenne est prévue le 16 juillet. Les conditions semblent réunies pour que, à cette occasion, soit posée avec acuité la question de la réintroduction des farines de viande des non-ruminants dans l’alimentation des porcs et des volailles.

Efficacité des contrôles, intérêt pour l’UE de réduire sa dépendance en protéines végétales vis-à-vis de l’extérieur et situation épidémiologique plutôt satisfaisante au regard de l’ESB chez les bovins : la feuille de route pour les EST attendue pour la mi-juillet devrait à tout le moins plaider en faveur de l’ouverture d’un débat sur une reprise éventuelle des farines de viande de non-ruminants dans l’alimentation des porcs et des volailles et des poissons d’aquaculture. L’interdiction totale d’utiliser des farines carnées dans l’alimentation animale avait été décidée en 2001, en pleine crise de l’ESB, afin d’éviter toute contamination croisée entre les aliments pour ruminants et les aliments pour animaux d’élevage non-ruminants. En 2007, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait conclu que, dans la mesure où l’interdiction du recyclage inter-espèce est respectée, le risque de transmission de l’ESB aux non-ruminants ou aux humains est négligeable. Jusqu’à présent aucun cas d’EST, y compris d’ESB, n’a été identifié dans des conditions naturelles chez les porcs ou les volailles. Dans les services de la Commission, les mesures d’interdiction actuelles sont perçues comme un gaspillage étant donné que les risque de transmission de l’ESB entre les espèces non ruminants reste tout-à-fait improbable. La réintroduction des farines animales dans l’alimentation des non-ruminants, indique-t-on encore à Bruxelles, offrirait à l’UE la possibilité de diminuer sa dépendance en protéines vis-à-vis de l’extérieur (autosuffisance inférieure à 30 % depuis 2001), de réduire les effets négatifs de l’interdiction sur les plans économique et de l’environnement et d’accroître la compétivité de l’élevage et de l’industrie de la viande.
La feuille de route devrait également évoquer la question des matériels à risque spécifiés (MRS). Il s’agirait notamment d’assouplir les règles pour les Etats membres représentant peu de risques au regard de l’ESB. 59 cas d’ESB ont été déclarés en 2009 dans l’UE dont 13 en Espagne et 11 au Royaume-Uni contre 125 cas diagnostiqués positifs en 2008.

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