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Financement L’IDIA accélère le renouvellement de son portefeuille

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L’IDIA, le pôle d’apports en fonds propres du Crédit agricole dédié aux industries agroalimentaires, est redevenu « acheteur » à la faveur de la baisse de valorisation des entreprises. Après s’être allégé d’une vingtaine de lignes pour 200 millions d’euros il y a deux ans, l’organisme a doublé ses investissements en 2008 et semble parti pour continuer à ce rythme cette année.

Le capital développement reprend du poil de la bête, ce pourrait être un des effets du discrédit ou des difficultés des fonds de LBO suite à la crise financière de 2008. En tout cas, cette tendance nouvelle transparaît dans la politique menée par l’IDIA qui, au sein du groupe Crédit agricole, a une vocation d’accompagnement spécifique des industries agroalimentaires.

Ses deux derniers exercices 2007 et 2008 se suivent mais ne se ressemblent pas : la société financière, en effet, a profité dans un premier temps de ce que les valeurs d’entreprise étaient encore élevées pour dénouer avec profit des prises de participation déjà arrivées à maturité.
83 M EUR de plus-values de cession
Ses cessions ont atteint 200 M EUR en 2007, soit près d’une vingtaine de lignes, et elles ont permis de dégager 83 millions de plus-values nettes de reprises. C’est là un record non négligeable dans le contexte actuel et qui lui donne opportunément de nouveaux moyens d’agir.
Mais depuis 2008, c’est le mouvement inverse qui a été déclenché par la crise : l’IDIA est moins « vendeur » au gré de la baisse des valorisations des actifs et il n’a cédé l’an dernier que sept lignes pour 50 millions d’euros de participations, et il en a retiré quand même 18 M EUR de plus-values. « En réalité, relativise Jean-Jacques Ricoleau, président de l’IDIA et de la société de conseil en fusions-acquisitions du Crédit agricole, Sodica, si l’on peut faire preuve de volontarisme dans notre politique d’acquisitions, la décision de sortir d’une entreprise échappe en grande partie au vouloir de l’organisme financier » : étant toujours minoritaire – sauf dans le cadre du pôle vins -, l’IDIA vend surtout « lorsque le majoritaire nous sort, ce qui intervient dans 60 % des cas ». « Et quand l’entreprise se vend à l’extérieur, il est plus rare que nous restions » ajoute-t-il. De la période récente il ressort au fond que les deux tiers des cessions ont été conclues avec des industriels et le tiers restant avec des fonds.
Deux fois plus d’investissements
En revanche, « l’heure est venue pour nous de nous mettre davantage à acheter », estime Jean-Jacques Ricoleau. Du coup, ses investissements, qui étaient de 42 M en 2007 ont plus que doublé en 2008 pour atteindre 100 M EUR. Et le mouvement semble bien parti pour continuer puisque pour le seul premier trimestre 2009 ce montant était déjà de 40 M EUR. L’objectif de 150 à 180 M sur l’ensemble de l’année, répartis sur 10 à 20 lignes, ne serait donc pas hors de portée.
Ainsi 2008 a permis à l’IDIA de s’ancrer dans son métier du capital-accompagnement, avec la conclusion de quelques opérations de forte notoriété telles que Soprol, Groupe Glon, groupe Ariane/Axéréal et Eurial (voir ci-contre). Selon la localisation et le profil, l’IDIA co-investit avec les sociétés de capital investissement régionales (SCR) et en étroite coordination avec les Caisses régionales et le réseau LCL. Il intervient essentiellement pour le financement d’un projet majeur de développement ou dans le cadre d’une transmission (LBO ou LBI).
Au total l’IDIA totalise 1,1 milliard d’encours gérés, qui se répartissent en 300 M dans le vin, 200 M dans des coopératives, le reste dans les PME et il dispose de près de 300 M de liquidités.
Un nouveau fonds « vin » et un fonds en Italie
Dans le vin, en effet, l’IDIA poursuit également sa stratégie de valorisation des actifs viti-vinicoles de CA Grands Crus qui a procédé à une augmentation de capital en 2008 pour être capable de prendre de nouvelles participations dans des domaines viticoles de prestige. Un fonds supplémentaire de 75 M EUR aux côtés de la Caisse régionale d’Aquitaine est ainsi mobilisé pour ces nouvelles opérations, précise Jean-Jacques Ricoleau.
Enfin, le développement d’IDIA à l’international s’est concrétisé par la création, fin septembre en Italie, du fonds sectoriel d’investissements minoritaires CA Agro-Alimentare Spa, doté de près de 100 M EUR en association avec les réseaux italiens de Cariparma, Friul Adria, et la Fondation Cariparma. Sa vocation est d’accompagner les PME italiennes d’une valeur comprise entre 10 et 150 M EUR dans leurs projets de développement : l’agroalimentaire, dans la péninsule, est foisonnant et très dynamique et, même si les Italiens ne sont pas enclins à ouvrir leur capital, l’institut n’a pas eu de mal à trouver une dizaine de dossiers qui sont en début d’examen.

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