L’Institut français pour la nutrition (IFN) « marque une rupture » dans sa communication en choisissant de s’adresser directement au grand public. Chercheurs, scientifiques, nutritionnistes, psychologues, réunis au sein d’un groupe de travail répondent aux questions que se posent les consommateurs sur les aliments et la nutrition. Après deux ans de travail, l’outil « Nos aliments en 200 questions » est mis en ligne sur le site Internet de l’institut (www.ifn.asso.fr). Pour l’instant en version numérique, cet outil a vocation à devenir prochainement un ouvrage distribué en librairie.
L’Institut français pour la nutrition (IFN) met en ligne sur son site Internet (www.ifn.asso.fr) un outil censé répondre aux multiples questions que se posent les consommateurs sur les aliments et la nutrition. « Nous avons été stupéfaits de voir la persistance d’idées fausses en la matière malgré les publications scientifiques et autres écrits sur le sujet », souligne Jean-Paul Laplace, président de l’institut. L’objectif est clair : combattre les idées reçues.
Depuis deux ans, un groupe de travail constitué d’une vingtaine de scientifiques, chercheurs, nutritionnistes et présidé par France Bellisle du Centre de recherche en nutrition Humaine d’Ile-de-France conduit la démarche. Parmi eux, Silvy Auboiron, responsable nutrition de Danone France, Ghislaine Gilliers, chef de groupe nutrition santé de Kellogg’s, Simone Prigent, responsable du département nutrition, Nestlé France.
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Souhaitant se limiter au préalable à 100 questions, le groupe de travail s’est vite vu dans l’obligation de répondre à plus de 200 questions. Classées selon deux rubriques, à savoir les questions générales sur l’alimentation et celles répertoriées par types d’aliments, les réponses permettront aux consommateurs d’apprendre ce qu’est un acide gras saturé ou que les légumes cuits perdent leur qualité nutritionnelle, ou bien encore la différence entre protéines animales et protéines végétales. Un lexique a également été conçu pour expliquer le plus simplement possible des mots tels que oméga 3, minéraux, vitamines, polyphénols. La classification des aliments choisie reste très classique et suit « celle étudiée dans les écoles de nutrition ».
Un outil perferctible
« Le travail du groupe de l’IFN a été d’harmoniser les réponses des chercheurs avec un vocabulaire compréhensible au consommateur pour ainsi avoir un format de réponses équilibré et clair», explique France Bellisle. Si expliquer certains termes spécifiques, tel qu’un édulcorant, est complexe, il a paru nécessaire à l’IFN de tenter de le faire au vu de l’intérêt croissant du public sur ces sujets. « Cet outil a été pensé pour être destiné à un consommateur moyen en bonne santé. En cas de pathologies spécifiques, nous conseillons de consulter un médecin », souligne France Bellisle. Néanmoins, Jean-Paul Laplace avoue que cet outil peut être amélioré, d’où le choix de le rendre accessible au grand public sur Internet. Au cours des prochains mois, des questions pourront être ajoutées, des réponses modifiées, « toujours dans le cadre d’un consensus au sein du groupe de travail». Une version papier reste en projet dans un avenir proche. Jean-Paul Laplace compte sur le bouche à oreille pour faire connaître ce nouvel outil et sur les 14 000 visites mensuelles du site de l’IFN. Par contre, aucun industriel membre de l’IFN ne mettra de lien sur son site.