Président depuis six mois de l’Ifocap, Christian Decerle veut profiter d’un déménagement de l’institution à Paris pour lui donner une nouvelle dynamique. Cet institut de formation devrait amplifier son rôle de lieu de réflexion et de contact avec d’autres mondes que ceux de l’agriculture. Cela implique plus de rencontres et plus de publications. Objectif : donner au monde agricole un outil pour réduire le fossé avec les autres populations et réfléchir aux enjeux nouveaux qui le concernent.
L’Ifocap (Institut de formation des acteurs du monde agricole et rural) a toujours eu un rôle central pour former les responsables agricoles au sein du monde syndical notamment. Situé à Draveil, aux environs de Paris, son site risquait de devenir surdimensionné et trop éloigné de la capitale pour continuer d’attirer des candidats à la formation et des invités d’autres univers. En cédant son siège historique, l’Institut a donc investi dans un immeuble parisien qui accueille également l’Andafar et Trame, notamment.
Former les responsables professionnels
Pour Christian Decerle, président depuis six mois, c’est aussi l’occasion de relancer l’institut en tant que « think tank », selon le terme usité aujourd’hui : lieu de réflexion et de rencontre avec des acteurs d’autres milieux. C’est toute l’ambition de cet éleveur de Saône-et-Loire qui adopte une approche se voulant « modeste » mais non sans ambition. Il devait en exposer les grandes lignes à l’occasion d’un colloque Grap (Groupe de recherche et d’actions paysans) qui se tenait les 13 et 14 octobre.
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Le cœur de l’activité reste bien de former les responsables d’organisations agricoles mais l’Ifocap pourrait également former les agriculteurs « qui ne veulent pas l’être toute leur vie ».
Un projet pour l’agriculture
L’idée principale est de confronter les problématiques agricoles à celles d’autres secteurs. « Le monde agricole a besoin d’un lieu de réflexion, où on trouve assez de sérénité pour confronter nos enjeux avec ceux des autres populations», explique Christian Decerle. Les contacts avec les médias généralistes, avec des écoles comme Sciences Po devraient être intensifiés. Le nouveau président de l’Ifocap est persuadé qu’il y a beaucoup d’efforts à faire « pour réduire le fossé entre les agriculteurs et les citadins ». Un des moyens consiste aussi, pour les responsables agricoles, à se déplacer, aller voir ailleurs, à l’étranger, ce pour quoi l’Ifocap peut jouer le rôle d’organisateur. En clair, il s’agit aussi de faire naître « un projet pour l’agriculture ». Un objectif qui n’est pas pour étonner dans un institut qui a été fondé par Michel Debatisse.